|
27:32
griefves.
C'estoit
desia
beaucoup,
que
ce
peuple
ait
este
receu
a
merci,
tellement
qu'il
ne
fust
point
prive
de
l'heritage
que
Dieu
luy
avoit
promis.
Maintenant
Moyse
adiouste
ici
un
autre
regard
qui
est
encores
pour
mieux
faire
cognoistre
la
grande
bonte,
et
infinie
de
Dieu,
et
luy
donner
plus
grand
lustre:
c'est
qu'il
n'a
point
seulement
pardonne
a
ce
peuple
les
fautes
qu'il
avoit
commises:
mais
ii
l'a
receu
a
une
condition
tant
douce,
et
tant
humaine,
que
c'est
pour
ravir
en
estonnement
tous
ceux
qui
y
pensent.
Si
une
ville,
ou
un
pays
s'estoit
revolte
de
son
prince,
qu'elle
luy
eust
fausse
la
foy,
encore
que
le
prince
ne
vueille
point
user
de
rigueur
extreme:
si
est-ce,
qu'en
donnant
la
vie
a
ses
suiets,
ne
mettant
point
tout
au
feu,
et
a.
l'espee,
il
leur
ostera
tous
leurs
privileges,
il
leur
mettra
sus
des
imposts,
et
des
tailles,
il
les
privera
de
leurs
libertez
anciennes,
tellement
qu'un
povre
peuple
gemira
sous
le
fardeau,
et
luy
devra
bien
souvenir
de
la
faute
qu'il
aura
commise
cent
ans
apres.
Or
Moyse
remonstre
que
Dieu
n'a
point
ainsi
fait
aux
Iuifs:
car
apres
leur
avoir
pardonne
l'offense
qu'ils
avoyent
commise,
il
les
a
traittez
comme
si
iamais
n'eussent
failli,
leur
condition
a
este
aussi
douce
et
amiable,
que
s'ils
eussent
tousiours
obey
comme
il
appartenoit.
Voila
donc
maintenant
l'intention
de
Moyse.
Il
a
recite
ci
dessus
comme
il
avoit
este
exauce:
il
adiouste
maintenant:
Et
qu'est-ce
que
le
Seigneur
demande
de
toy?
Il
ne
te
charge
point
ici
d'amendes,
ne
de
punitions,
il
ne
te
veut
point
mettre
un
fardeau
pour
t'accabler:
mais
il
veut
que
tu
Paimes,
que
tu
luy
portes
honneur,
que
tu
gardes
ses
commandemens.
Est-ce
pour
son
profit?
Non:
le
tout
revient
a
ton
salut.
N'est-ce
pas
pour
faire
crever
le
coeur
a
ce
peuple,
quand
il
seroit
le
plus
meschant
du
monde?
de
dire:
Le
Seigneur
non
seulement
nous
a
pardonne
un
crime
tant
enorme,
que
nous
l'avions
quitte,
nous
avions
rompu
l'alliance
qu'il
avoit
faite
avee
nous,
nous
avions
choisi
une
idole
en
son
lieu:
or
il
ne
s'est
point
contente
de
nous
avoir
receus
encores
pour
ses
enfans,
et
nous
avoir
laisse
l'heritage
qu'il
nous
avoit
promis:
il
nous
gouverne
d'une
telle
facon
qu'il
semble
que
nous
ayons
desservi
tous
les
biens
du
monde.
Si
iamais
nous
n'eussions
fait
que
l'honorer,
nous
adonnans
pleinement
a
luy:
sauroit-il
nous
traitter
plus
humainement
qu'il
fait?
Ceste
consideration
donc
devoit
bien
amollir
les
coeurs
du
peuple:
encores
qu'ils
fussent
durs,
et
rebelles,
si
devoyent-ils
bien
plier,
cognoissans
que
Dieu
ne
cerchoit
que
leur
bien
et
leur
profit.
Maintenant
donc
nous
voyons
l'intention
de
Moyse,
et
a
quelle
circonstance
on
doit
rapporter
ce
qu'il
dit.
C'est
que
le
peuple
cognoisse,
que
non
seulement
Dieu
luy
a
pardonne
la
faute
commise,
mais
que
pour
|