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EPISTOLAE
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separe
la
personne
de
Monsieur
de
Guise,
et
eusse
proteste
que
ceux
qui
damnent
les
gens
a
leur
opinion
soient
trop
hardis,
vous
avez
pris
le
propos
tout
au
rebours.
Voila
pourquoy
ie
me
deporte
de
vous
en
dire
plus
ne
bien
ne
mal.
Seulement
ie
vous
toucheray
ung
article,
que
tant
sen
fault
que
les
gens
de
bien
vous
aient
eu
en
haine
ou
horreur,
pour
estre
belle
mere
de
feu
monsieur
de
Guise,
qu'ils
vous
en
ont
tant
plus
aymee
et
honoree,
voiant
que
cela
ne
vous
destournoit
point
de
faire
droicte
profession
et
pure
de
chrestiente,
et
non
seulement
de
bouche,
mais
par
effectz
si
notables
que
rien
plus.
Quant
a
moy
ie
vous
proteste
que
cela
m'a
incite
davoir
voz
vertus
en
tant
plus
grande
admiration.
Je
viens
a
ung
aultre
propoz,
Madame,
cest
que
iay
entendu
que
Madame
la
duchesse
de
Savoie,
vostre
niepce,
est
en
assez
bon
train,
iusques
a
estre
deliberee
de
se
declairer
franchement.4)
Mais
vous
scavez
combien
il
y
a
de
destourbier
pour
la
reculer
ou
refroidir,
et
daultre
coste
elle
a
tousiours
este
assez
timide,
tellement
quil
est
a
craindre
que
ceste
bonne
affection
ne
demeure
la
comme
pendue
au
croc,
sinon
quon
la
sollicite.
Or,
Madame,
iestime
quil
ny
a
creature
en
ce
monde
qui
ait
plus
d'authorite
envers
elle
que
vous.
Pourquoy
ie
vous
vouldroie
bien
prier
au
nom
de
Dieu
de
ne
point
espargner
une
bonne
exhortation
et
vive,
pour
luy
donner
courage
a
la
faire
passer
plus
oultre
:
en
quoy
ie
me
tiens
asseure
que
vous
ferez
tout
debvoir,
selon
le
zele
que
vous
avez
que
Dieu
soit
honore
et
servy
de
plus
en
plus.
Madame,
apres
mestre
tres
humblement
recommande
a
vostre
bonne
grace,
ie
supplieray
le
pere
celeste
vous
avoir
en
sa
protection,
vous
gouverner
tousiours
par
son
esprit
et
maintenir
en
bonne
prosperite.
De
Geneve,
ce
4
davril
1564.
4)
Marguerite
de
France,
soeur
de
Henri
IL,
epouse
d'Emmanuel-Philibert
duc
de
Savoie*
Douee
du
caractere
le
plus
aimable
et
le
plus
genereux,
cette
princesse
inclinait
en
secret
vers
la
reforme.
Elle
mourut
en
1574,
laissant
une
memoire
veneree
dans
les
Eglises
des
vallees
du
Piemont
dont
elle
plaida
plusieurs
fois
la
cause
aupres
d'Emmanuel-
Philibert.
Voir
a
ce
sujet
deux
lettres
de
cette
princesse
aux
seigneurs
de
Geneve,
ecrites
au
mois
de
juin
1560.
Arch.
de
Geneve,
n0
1680.
{Bonnet)
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