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PREMIER
SERMON
28
constance
si
ferme
par
l'espace
de
vingt
ans?
Il
n'est
point
defailli,
combien
qu'il
lui
semblast
que
Dieu
se
fust
mo$ue
de
lui:
c'est
d'autant
qu'il
a
este
patient,
et
qu'il
a
cogneu
qu'il
ne
faloit
point
sommer
Dieu
a
l'heure
presente,
pour
lui
faire
tenir
sa
promesse:
mais
qu'il
se
faloit
assuietir
a
lui,
et
qu'il
lui
faloit
faire
cest
honneur
de
cognoistre
que
ses
oeuvres
sont
incomprehensibles,
et
qu'il
sait
les
temps
et
les
saisons
opportunes
pour
faire
ce
qu'il
a
prononce:
bref,
que
ce
n'est
pas
a
nous
de
lui
vouloir
imposer
loy:
mais
qu'il
faut
que
nous
facions
silence,
et
que
nous
ne
murmurions
pas,
si
les
choses
ne
nous
vienent
a
nostre
appetit
et
souhait:
mais
que
nous
attendions
qu'il
ait
accompli
ses
oeuvres,
encore
que
nous
voions
toutes
choses
contraires
:
toutes
fois
qu'il
faut
que
nostre
foy
soit
victorieuse
contre
tout
le
monde,
ainsi
que
saint
Iean
en
parle
en
sa
Canonique
(1.
Iean
5,
4).
Or
d'autant
que
tout
cela
ne
nous
est
rien,
et
qu'il
nous
passe
devant
les
yeux
:
et
quand
nous
lisons
ceste
histoire,
c'est
si
froidement
que
nous
n'en
recueillons
point
le
fruit.
Voila
aussi
pourquoy
Dieu
nous
punit
de
nostre
ingratitude
:
que
nous
sommes
si
delicats,
que
si
tost
qu'il
vient
j
non
pas
un
orage,
ou
quelque
grand
tourbillon,
mais
un
petit
vent,
nous
voila
esbranlez,
et
en
la
fin
nous
decheons.
D'autant
plus
donc
nous
faut-il
bien
noter
ce
qui
est
ici
dit:
c'est
assavoir
qu'Isaac
a
tousiours
persevere
a
se
fier
en
Dieu:
combien
que
par
l'espace
de
vingt
ans,
il
semblast
qu'il
ne
deust
point
avoir
lignee.
Or
qu'il
ait
persevere,
il
appert
par
ce
que
dit
Moise,
Car
il
a
prie
Dieu:
et
a
este
exauce,
tellement
que
sa
femme
a
conceu.
Quand
il
est
dit
qu'il
a
prie
Dieu,
ne
pensons
pas
qu'il
ait
attendu
iusques
au
bout
du
terme
:
mais
voiant
que
sa
femme
estoit
sterile,
il
a
eu
son
recours
a
Dieu,
qui
estoit
le
seul
remede.
Que
semble-il?
Qu'il
ait
perdu
son
temps,
et
qu'il
ait
iette
en
l'air
ses
requestes,
et
qu'elles
ne
soient
point
parvenues
a
Dieu.
On
le
diroit.
Car
s'il
eust
esto
exauce:
ne
faloit-il
pas
que
Dieu
declarast
par
experience
ce
qu'il
lui
avoit
promis
?
Il
ne
void
rien
de
tout
cela.
Quand
donc
Isaac
a
prie
un
an,
et
deux
ans:
c'est
tousiours
tout
un,
comme
s'il
eust
parle
a
un
rocher,
ou
a
une
muraille:
Dieu
fait
la
du
sourd,
c'est
a
dire,
il
ne
monstre
point
qu'il
ait
l'aureille
prochaine,
pour
recevoir
les
requestes
d'Isaac.
Cela
continue.
Or
quand
ce
vient
au
bout
de
dix
ou
de
douze
ans,
que
diroit-on,
sinon
qu'il
vaudroit
mieux
se
deporter
:
car
c'est
une
tentation
par
trop
rude
et
trop
grande,
que
Dieu
ne
face
rien
au
bout
de
quinze
ans,
de
ce
qu'il
avoit
promis.
Or
combien
qu'il
differe
iusques
a
vingt
ans,
toutesfois
Isaac
ne
cesse
point
de
prier,
il
continue
tousiours:
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