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SUR
LE
DEUTER.
CHAP.
XIII.
254
nous
faut
estre
bien
asseurez
de
nostre
religion:
car
de
mettre
un
homme
a
mort
sans
avoir
cogneu
quel
est
le
vray
Dieu,
ce
seroit
un
zele
enrage.
Comme
nous
voyons
auiourd'huy
les
Papistes,
et
de
tout
temps
on
a
veu
les
Payens
qui
en
ont
ainsi
use:
et
mesmes
entre
les
Iuifs
ceste
loy
a
este
bien
mal
prattiquee
contre
les
Prophetes.
Et
c'a
este
a
ce
tiltre
que
nostre
Seigneur
Iesus
et
ses
Apostres
ont
endure
persecution.
Or
les
payens,
quand
ils
ont
fait
des
loix,
qu'on
gardast
la
facon
de
faire
qui
estoit
establie
entre
eux,
ils
ont
eu
un
bon
principe,
et
un
bon
fondement
en
cela:
car
ce
n'est
point
assez,
que
les
Magistrats
facent
des
loix
pour
empescher
qu'on
ne
desrobe,
qu'on
ne
tue,
qu'on
ne
frappe:
mais
ils
ont
cogneu
que
c'estoit
raison
que
Dieu
allast
devant.
Or
si
nature
leur
a
enseigne
cela:
quelle
excuse
y
aura-il,
que
nous
qui
faisons
profession
de
Chrestiente,
dirons
que
c'est
assez
qu'on
empesche
qu'il
ne
se
commette
point
de
larrecins,
ou
d'adulteres,
ou
de
meurtres,
ou
d'autres
violences,
et
des
outrages
qui
nuisent
a
quelcun:
et
que
cependant
on
ne
tienne
conte
de
Dieu?
Ou
sera-ce
aller?
Les
Payens
donc
ont
eu
un
bon
principe,
quand
ils
ont
cogneu
qu'il
falloit
qu'en
une
bonne
police
la
religion
fust
gardee,
et
que
si
quelcun
atten
toit
a
l'encontre,
qu'il
fust
chastie,
et
mesmes
c'estoit
un
crime
capital:
et
cela
a
este
observe
quasi
par
tout
le
monde,
et
en
tout
temps:
les
Iuifs
n'ont
pas
mal
fait,
quand
apres
que
Dieu
leur
avoit
donne
ceste
loy,
ils
ont
eu
zele
a
punir
les
faux-prophetes.
Et
auiourd'huy
quand
les
Papistes
diront
qu'il
faut
punir
les
heretiques
:
cela
est
vray,
nous
confessons
qu'ils
le
meritent.
Mais
cependant
il
falloit
venir
a
cest
article
qui
est
ici
contenu
:
c'est
assavoir
que
nous
ayons
cogneu
quel
est
le
Dieu
auquel
nous
servons,
que
nous
soyons
bien
asseurez
que
ce
n'est
point
a
l'aventure
que
nostre
religion
a
este
publiee:
mais
que
nous
tenons
la
verite
infallible
que
Dieu
nous
a
envoyee,
et
qu'on
nous
l'annonce
en
son
nom,
et
en
son
authorite:
que
c'est
en
luy
que
nostre
foy
est
fondee.
Il
nous
falloit
(di-ie)
la
venir.
Or
les
Papistes
s'abrutissent
la
dessus,
qu'il
leur
semble
qu'en
se
fermant
les
yeux
ils
pourront
executer
leur
rage,
et
furie
contre
les
innocens.
Et
voila
comme
les
Payens
en
ont
abuse.
Car
pource
qu'il
falloit
maintenir
la
religion,
sans
discerner
ce
qu'ils
faisoyent,
s'il
estoit
bon,
ou
mauvais,
ils
se
sont
eslevez
contre
les
serviteurs
de
Dieu.
Autant
en
ont
fait
les
Iuifs
contre
les
Prophetes.
Voila
donc
un
poinct
qu'il
nous
faut
poiser
pour
toute
nostre
vie:
c'est
que
nous
ayons
cogneu
quel
est
le
vray
Dieu,
et
que
nous
puissions
condamner
a
bon
droict,
et
sans
aucun
scrupule
les
erreurs,
esquels
on
nous
voudra
attirer:
ce
qui
se
fera,
quand
nous
aurons
la
clarte
de
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