|
27:251
251
SERMON
LXXXVIII.
252
cause
ici
nous
soit
pour
recommandee.
Or
par
ci
devant
nous
avons
ouy
ce
qui
estoit
dit
des
fauxprophete
¢ç:
que
si
quelcun
troubloit
l'Eglise
de
Dieu,
il
devoit
estre
lapide
sans
aucune
remission.
Maintenant
Dieu
exprime
encores
plus
qu'il
n'avoit
dit:
c'est
que
nous
devons
mettre
sous
le
pied
toutes
affections
de
nature,
quand
il
est
question
de
son
honneur:
que
le
pere
n'espargne
point
son
enfant,
ni
un
frere
l'autre,
ni
le
mari
sa
propre
femme,
quand
il
aura
quelque
ami
qui
luy
soit
cher
comme
sa
vie,
qu'il
le
mette
a
mort.
Et
c'est
bien
raison:
car
toutes
les
amitiez
de
ce
monde
ne
procedent-elles
pas
de
cest
ordre
de
nature
qui
a
este
establi
par
le
createur?
Il
faut
donc
(si
nous
ne
voulons
mettre
la
charrue
devant
les
boeufs)
commencer
tousiours
a
Dieu.
Et
8.
Paul
ne
dit
point
sans
cause
que
tout
parentage
vient
de
la,
qu'il
procede
de
ceste
source.
Et
aussi,
quand
nous
aurons
quelque
amitie,
il
nous
la
faut
rapporter
a
ce
but-la,
que
Dieu
tousiours
tienne
le
degre
souverain,
et
que
nous
soyons
conioints
en
luy:
et
maudite
soit
toute
conionction,
laquelle
nous
separe
de
celuy
qui
nous
a
creez,
auquel
consiste
toute
nostre
vie,
nostre
bien,
et
toute
nostre
ioye.
Si
donc
un
mari
aime
sa
femme
sans
regarder
a
Dieu,
il
est
digne
d'estre
reiette
entre
les
bestes
brutes.
Autant
en.
est-il
d'un
pere
qui
n'a
point
ceste
fin
semblable
quand
il
aimera
ses
enfans.
Si
nous
sommes
alliez
ensemble,
et
que
l'un
donne
la
main
a
l'autre,
pour
dire
que
ce
ne
soit
qu'une
ame
en
deux
corps,
par
maniere
de
dire,
et
cependant
que
Dieu
soit
la
laisse
sans
qu'on
pense
a
luy:
ne
voila
point
une
brutalite
trop
villaine?
Ce
n'est
point
donc
sans
cause
que
notamment
Dieu
a
declaire
que
son
honneur
doit
estre
prefere
a
toutes
considerations
humaines.
Et
notons
bien
les
mots
qui
sont
ici
couchez:
car
ils
poisent
beaucoup.
Moyse
pouvoit
dire
simplement:
Si
ton
frere,
ou
ta
femme,
ou
ton
fils,
ou
quelque
tien
ami
te
solicite,
et
te
veut
desbaucher:
or
il
adiouste
qui
emporte
beaucoup
plus
grande
vehemence:
Si
ton
frere
(dit-il)
fils
de
ta
mere,
qui
aura
tourne
en
un
mesme
ventre
avec
toy.
A
quel
propos
cela,
sinon
que
Dieu
veut
comme
sonder
nos
affections,
qu'il
entre
iusques
en
nos
entrailles,
pour
dire:
Ie
verray
si
vous
m'aimez
mieux
que
vous
ne
faites
pas
des
charongnes.
Car
qui
est
ton
frere?
C'est
une
creature.
mortelle
:
ie
verray
s'il
te
sera
plus
precieux
et
plus
cher
que
moy.
Voire,
mais
i'ay
tourne
en
un
mesme
ventre
que
luy.
Il
est
vray:
mais
ne
faut-il
point
que
ie
surmonte,
et
que
i'obtienno
tousiours
de
degre
souverain
?
Autant
en
est-il
quand
il
dit
:
Ton
propre
fils,
ta
propre
fille,
ta
femme
qui
dort
en
ton
sein.
Il
pouvoit
bien
nommer
la
femme
simplement:
mais
il
dit:
Non,
il
faut
que
tu
oublies,
et
que
tu
|