20:247 247 EPISTOLAE 4074.4076 248 de Navarre bien pertineat. Quand le Roy son mary se fut revolte, le ministre quelle avoit cessa de fere mention de luy aux prieres publiques. Elle, faschee, luy rpmonstra que mesme pour le regard des subiectz il ne sen debvoit point desporter. Luy sexcusant declaira que ce quil sen taisoit du tout, estoit pour couvrir le deshonneur et honte du Roy son mary, daultant quil ne pouvoit prier Dieu pour luy en verite quen requerant quil le convertit, ce qui estoit descouvrir sa cheute: sil demandoit que Dieu le maintint en prosperite, ce seroit se mocquer, profanant loraison. Elle ayant ouy ceste responce, demeure quoye iusqua ce quelle en eut demande conseil a daultres : et les trouvant daccord acquiesca tout doulcement. Madame, comme ie scay que ceste bonne princesse vouldroit apprendre de vous selon que leage le porte et vos vertus le meritent, aussi ie vous prie navoir point honte de vous conformer a elle en cest endroict. Son mari luy estoit plus prochain4) que vostre gendre ne vous a este. Neantmoins elle a vaincu son affection, affin de nestre point cause que le nom de Dieu fut profane : ce qui seroit quand nos prieres seront feinctes ou bien repugnantes au repos de lEglise. Et pour conclurre ce propos par charite, iugez, Madame, ie vous prie, si cest rayson, qua lappetit dun seul homme nous ne tenions compte de cent mille: que la charite soit tellement restreincte a celluy qui a tasche de mettre tout en confusion, que les enfans de Dieu soient mis en arriere. Or le remede est de hair le mal, sans nous attacher aux personnes: mais laisser chacun devant son iuge. Si Dieu me faisoit ce bien de parler a vous, iespere que ie vous contenterois. Ce pendant, Madame, ie vous prie de bien poiser ce que iay icy touche, affin de ne fascher et molester vostre esprit pour quelques propos qui peuvent bien estre mis soubz le pied. Il5) vous sollicite a fere voler et piller les boutiques des Papistes: ie nay garde de lapprouver: quiquonque layt faict. Mais ie loue vostre vertu et magnanimite de navoir voulu acquiescer a une requeste tant iniuste. Aultant des autres excez que vous racomptez. Touchant la querelle qui sest esmeue en vostre maison6) entre les deux que vous nommez, ie ne scay quelle raison il y a eu de parler contre la femme. Je me tien bien asseure de ce que vous en dites, Madame: mais ie ne scay sil y a eu quelques mauivais indices qui 4) Mais il l'avait plus d'une fois offensee par ses infiaelites; il avait meme concu le dessein de divorcer pour pouvoir epouser sa maitresse. 5) sic. Lisez i On, lecon que M. Bonnet a mise dans le texte. 6) comp. N. 3951. et les lettres de Morel