20:232 quelque degre qui soit ou estat, ou quelque credit quil ait envers vous, ou en quelque reputation que vous le teniez, nait honte de se submectre a lordre que le filz de Dieu a luymesme mis, et ploier le col pour recevoir son ioug. Car ie vous asseure, Madame, que sans ce remede il y aura une licence desbordee pour engendrer une horrible confusion. Ceulx qui font quelque protestation de crestiente seront pour la plus part dissolus. Brief il y aura ung evangile volaige et comme bisarre6) car on voit comme chacun se flatte et se dispense7) a suyvre ses appestitz. Cest merveilles que ceulx qui se sont voluntairement assubiectis a la tirannie du pape, ne peuvent souffrir que Jesuschrist domine amiablement sur eulx a leur salut. Mais pour vray le Diable use de cest artifice afin de mectre la verite de Dieu en opprobre, faire vilipender la pure religion et blasphemer le nom sacre de nostre redempteur. Ainsy, Madame, pour avoir eglise deuement refformee, il est plus que requis davoir gens qui aient la superintendance de veiller sur la vie de chacun. Et afin que nul ne se sente greve de rendre compte devant les anciens ausquelz telle charge sera commise, quilz soient esleuz de leglise comme cest bien raison que ceste liberte soit gardee, et aussy que cela serve a choisir avec plus grande discretion ceulx qui seront propres et ydoines, et approuvez telz de la compaignie. Je ne doubte pas, Madame, que vous naiez ayde nostre frere de Coulonge8) de vostre authorite a dresser tel ordre. Mais scachant a combien de corruptions les cours des princes sont subiectes, il ma semble quil ne seroit point superflu de vous exhorter a le maintenir. Mesmes il est bon que vous soiez advertie dune chose, cest que de tout temps le Diable sest efforce de rendre par rappors sinistres et detractions les ministres de levangille contemptibles, ou quon les hait ou quon en fust desgouste. Parquoy tous fidelles ont bien a se garder de telle astuce. Car de faict en se faschant de la pasture de salut, sest se despiter plus que contre son ventre, veu quil est question de la vie des ames. Quoy quil en soit, Madame, sil y en avoit qui tendissent, et feust ce obliquement, a vous descouraiger de poursuyvre comme vous avez si bien commence, vous avez a les fuir comme pestes mortelles. Et de faict le Diable les suscite pour les aliener oblicquement de Dieu lequel veult estre recongneu en ses serviteurs. 6) Cest ainsi qu'a ecrit M. Bonnet, en mettant cependant un point d?interrogation. Le fait est que notre plus ancien texte porte: bibarre, Henry a mis Cibarre, egalement avec (?) 7) dispose H. Bt 8) Morel