|
27:229
229
SUR
LB
DEUTER.
CHAP.
XIII.
230
cela,
et
que
nous
monstrions
que
la
verite
de
Dieu
est
assez
forte
pour
nous
retenir
a
soy:
comme
i'ay
dit
que
la
foy
doit
estre
victorieuse
par
dessus
tout
le
monde,
que
nous
soyons
sourds
a
escouter
toutes
les
tromperies
qui
sont
pour
nous
desbaucher
de
Dieu
et
de
la
pure
verite.
Voila
en
somme
ce
qui
nous
est
monstre
en
ce
passage.
Et
notons
bien
comme
Moyse
parle.
Si
un
prophete
se
leve
au
milieu
de
toy,
dit-il.
Il
monstre
par
ceci
qu'il
ne
nous
faut
point
seulement
resister
aux
ennemis
manifestes
qui
bataillent
contre
la
parolle
de
Dieu^
et
ne
font
point
aussi
semblant
d'estre
du
trouppeau,
ni
d'avoir
rien
de
commun,
ni
de
prochain
avec
nous:
mais
nous
devons
resister
aux
combats
domestiques,
quand
il
se
levera
quelque
seducteur
d'entre
nous,
c'est
a
dire,
qu'il
aura
fait
semblant
d'estre
de
la
compagnie
des
fideles
:
et
qu'il
estoit
comme
domestique
de
la
foy:
si
celuy-la
(dit-il)
se
leve,
ii
ne
faut
point
que
nous
soyons
troublez
outre
mesure.
Or
ceci
est
bien
a
noter:
car
si
la
foy
Chrestienne
est
combattue
par
les
meschans,
qui
ne
font
point
semblant
de
s'approcher
de
Dieu,
comme
les
Turcs,
les
Payens,
les
Iuifs,
ainsi
qu'ils
blasphement
a
pleine
gorge,
et
qu'ils
se
sont
pleinement
retranchez
de
l'Eglise,
comme
des
membres
pourris:
si
ceux-la
resistent
a
l'Evangile,
et
qu'ils
taschent
d'abolir
la
religion
Chrestienne,
nous
n'en
serons
pas
si
estonnez.
Et
pourquoy?
Car
nous
sommes
comme
endurcis
a
tels
exemples.
Ceste
tentation-la
donc
se
surmontera
aisement
quand
les
ennemis
manifestes
s'eslevent
contre
Dieu,
et
sa
parolle.
Mais
quand
ceux
qui
sont
conioints
avec
nous,
qui
sont
comme
de
nostre
corps,
viennent
a
deschirer
par
piece
l'union
de
nostre
foy
pour
per
vertir
la
verite
de
Dieu,
et
la
corrompre
en
telle
sorte
qu'elle
soit
desguisee:
nous
voila
en
telle
perplexite
et
angoisse
que
nous
ne
savons
que
devenir.
Et
c'est
ce
qui
trouble
auiourd'huy
tant
de
simples
gens:
Que
ferons-nous?
Car
nous
voyons
tant
de
disputes
en
l'Eglise,
tant
d'opinions
diverses:
il
vaut
mieux
ne
s'enquerir
de
rien:
en
sorte
que
plusieurs
s'anonchallissent,
craignans
de
s'envelopper
en
des
choses
mauvaises,
et
d'estre
seduits,
ils
laissent
la
tout,
et
ne
veulent
point
approcher
nullement
de
Dieu.
Nous
en
verrons
beaucoup
de
telle
sorte.
Les
autres
se
laschent
la
bride,
et
se
donnent
une
licence
mauvaise,
de
maintenant
dire
d'un,
maintenant
d'autre,
et
n'avoir
rien
de
resolu:
mais
du
iour
au
lendemain
varient,
et
changent
a
chacune
minute
de
temps.
Nous
voyons
auiourd'huy
beaucoup
d'esprits
volages
qui
n'ont
rien
de
certain,
et
leur
semble
que
tout
leur
soit
licite.
Et
pourquoy?
Car
ie
voy
qu'il
y
a
des
opinions
diverses.
Or
telles
gens
monstrent
qu'ils
n'ont
iamais
gouste
que
c'est
de
la
verite
de
Dieu.
Les
premiers
monstrent
bien
une
maudite
incre-
|