|
27:224
core
ce
que
ie
veux
faire.
Et
si
un
homme
prive
venoit
mesler
parmi
les
statuts
du
Magistrat
ce
qu'il
aura
invente
en
son
cerveau,
ne
trouble-il
pas
tout
l'ordre
public?
Et
ceux
qui
se
voudroyent
conioindre
a
luy,
ne
se
monsteroyent
il
pas
estre
rebelles
a
leurs
superieurs?
Or
nostre
Seigneur
par
son
Prophete
Isaie
dit
qu'il
veut
estre
cogneu
luy
seul
Legislateur.
Voila
le
tiltre
qu'il
s'attribue.
Puis
donc
que
Dieu
veut
estre
Legislateur
luy
seul,
que
dirons-nous
quand
les
hommes
seront
constituez
en
sa
place?
N'est-ce
point
plus
que
mesler
le
ciel
et
la
terre?
Et
de
faict:
S.
Iaques
encore
exprime
mieux
ce
qui
estoit
dit
par
le
Prophete
Isaie.
Car
il
dit
qu'il
n'y
a
qu'un
seul
Legislateur
qui
puisse
sauver
et
damner.
Quand
les
hommes
sont
colloquez
en
cest
estat
et
dignite,
de
nous
imposer
des
loix
pour
gouverner
nos
ames,
ie
di
quant
au
regime
spirituel,
(car
il
n'est
point
question
des
loix
politiques,
mais
du
service
de
Dieu),
quand
les
hommes
donc
sont
eslevez
iusques
la,
ou
qu'ils
presument
d'y
monter:
c'est
autant
comme
s'ils
despouilloyent
Dieu
du
tiltre
de
Sauveur,
et
de
Iuge.
Oar
s'il
n'est
point
seul
Legislateur,
S.
Iaques
conclud
qu'il
n'est
point
seul
Iuge,
que
ce
n'est
point
a
luy
seul
de
nous
condamner
ou
sauver:
que
les
creatures
viennent
la,
et
que
nostre
salut,
qui
est
en
Dieu
seul,
soit
attribue
a
des
povres
charongnes,
a
des
vers
de
terre
:
ou
est-ce
aller
?
Ainsi
donc
notons
bien,
que
quand
Moyse
a
ici
prononce,
qu'il
n'est
point
licite
d'adiouster
rien
a
ce
que
Dieu
a
commande
en
sa
Loy,
que
par
cela
ii
condamne
toutes
les
devotions
qui
iamais
ont
este
inventees
du
monde.
On
trouvera
estrange
pourquoy
c'est
que
Dieu
a
despendu
si
estroitement
qu'on
n'adiouste
rien
a
sa
Loy
:
mais
les
raisons
que
ie
vien
d'amener,
ne
nous
doyvent-elles
pas
suffire?
Et
de
faict,
le
monde
se
condamne
par
sa
propre
bouche.
Ce
proverbe
estil
invente
de
nostre
temps?
N'a-il
pas
tousiours
regne
entre
les
Papistes:
Tu
es
serviteur
du
diable,
tu
fais
plus
qu'on
ne
te
commande?
Il
y
a
cent
ant
devant
que
nous
fussions
nais
qu'on
parloit
ainsi
un
tel
langage:
cela
estoit
tout
commun.
Et
les
Papistes
qu'ont-ils
fait?
Ils
ont
laisse
les
commandemens
de
Dieu
pour
courir
apres
leurs
inventions,
et
apres
leurs
badinages:
et
neantmoins
tous
les
iours
ils
disent:
Tu
es
serviteur
du
diable.
Si
un
maistre
se
sache
quand
son
serviteur
aura
laisse
a
faire
ce
qui
luy
estoit
commande,
pour
suivre
ce
qu'il
avoit
conceu
en
sa
phantasie,
et
qu'il
pense
contenter
son
maistre,
pour
dire:
I'ay
mieux
fait
que
vous
ne
pensiez.
Et
tu
es
serviteur
du
diable,
dira
le
maistre:
car
tu
fais
plus
qu'on
ne
te
commande.
Et
toy,
qui
estu?
Tu
fais
le
semblable
a
Dieu:
car
tu
le
veux
servir
a
ta
guise,
et
cependant
tu
ne
regardes
point
a
ce
qu'il
t'a
commande.
Et
ainsi
retenons,
d'au-
|