27:223 223 SERMON LXXXV. 224 que ses commandemens ont une telle authorite envers nous que nous plions le col pour recevoir le ioug qu'il nous met dessus. Mais cela encores ne suffiroit point, si nous n'avions ce que Moyse adiouste, qu'il n'est point licite d'adiouster ne diminuer a ce que Dieu nous commande. Comme les Papistes auiourd'huy, quand ils meslent toutes leurs folies avec la parolle de Dieu, il leur semble qu'en cela ils ne peuvent faillir. Et pourquoy? Nous faisons ce que Dieu nous commande (diront-ils). Nous ne nions pas qu'il ne nous faille garder la Loy de Dieu : mais quel mal y aura-il quand nous ferons encores plus? Si nous avons quelque devotiou du superabondant, Dieu n'acceptera-il pas cela? Si ie fay d'avantage que ce a quoy ie suis oblige: pourquoy Dieu ne le trouvera-il bon? Ie feray bien ce qu'il m'ordonne : mais i'adiousteray encores a son service et ceci et cela. Quand les Papistes ont une telle couverture, il leur semble que tout leur cas vad tresbien: et cependant ils ne regardent pas que Dieu veut estre luy seul sage, qu'il veut avoir ceste maistrise, d'estre seul Legislateur sur nous. Les Papistes donc blasphement Dieu en deux sortes, en faisant semblant d'estre plus devots qu'il ne l'a entendu. Car quand nous inventons ainsi en nostre teste quelque moyen de plaire a Dieu, c'est autant comme s'il ne s'en estoit point advise. Voila Dieu qui dit: Toute vostre sagesse sera de ni'escouter: nous avons veu cela au quatriesme chap. comme il en est aussi parle au 10, Israel, qu'est-ce que ton Dieu demande de toy, sinon que tu adheres a luy, et que tu sois du tout sien. Nous voyons par cela que Dieu a voulu comprendre un sommaire de toute sainctete et iustice en sa Loy, tellement que c'est une perfection a laquelle on ne peut rien adiouster. Or les hommes cuident, et pensent qu'ils feront encores mieux. Et qu'est-ce a dire cela? N'est-ce point accuser Dieu comme s'il s'estoit oublie, et qu'il n'eust point regarde a tout? Voila un blaspheme execrable et diabolique. Ainsi, que les Papistes ne se vantent point de servir a Dieu: le diable est leur maistre, et Dieu desadvoue tout ce qu'ils font. Car il leur pourra tousiours repliquer: Qui est-ce qui a demande ceci de vos mains? Et non sans cause: car en ce faisant, c'est autant comme si on luy reprochoit qu'il a porte envie aux hommes, et qu'il ne les a pas fidelement enseignez de ce qui leur estoit propre. Et ie vous prie, ce blaspheme-la est-il supportable non plus? Mais il y a le second que i'ay touche. Car ces deux peuvent estre conioints en un. Il y a donc le second, qu'ils deroguent pleinement a l'empire souverain que Dieu a sur nous. Car voila qu'ils alleguent: Et bien, Dieu a ordonne par sa Loy que nous gardions ses edicts, ses statuts, ses ordonnances : mais ce ne sera point de mal d'adiouster en-