|
27:217
217
SUR
LE
DEUTER.
CHAP.
XII.
218
qui
se
fait
ca
et
la,
pour
estre
subtils
d'en
iuger.
Comme
nous
en
voyons
beaucoup
qui
voudroyent
savoir
toutes
les
religions
du
monde.
Et
a
quel
propos?
Il
leur
semble
qu'ils
ne
seront
point
asseurez
en
la
foy
Chrestienne
s'ils
ne
savent
TA1-
choran
de
Mahomet,
s'ils
ne
cognoissent
toutes
les
diableries
qui
ont
regne
entre
les
Payens,
et
les
Papistes,
s'ils
n'ont
l'esprit
farci
et
enyvre
de
toutes
les
resveries
des
Iuifs:
ils
s'abrutissent
ainsi,
voire
d'une
curiosite
meschante,
et
voit
on
bien
qu'il
n'y
a
eu
en
eux
que
toute
vanite
et
hypocrisie.
Pour
ceste
cause
apprenons
(suyvant
ce
qui
est
ici
declaire
par
Moyse)
de
ne
nous
point
enquester
outre
mesure
de
ce
qui
ne
nous
est
pas
bon.
Nous
voyons
mesmes
qu'en
lisant
la
parolle
de
Dieu
il
nous
faut
user
de
ceste
modestie,
de
ne
point
cercher
de
choses
superflues,
et
ce
qui
n'est
point
en
edification:
que
sera-ce
donc
si
nous
desguisons
la
parolle
de
Dieu,
nous
allant
fourrer
la
ou
nous
ne
pouvons
sinon
insecter
nos
esprits,
et
les
corrompre,
et
les
destourner
de
la
pure
verite?
Il
est
vray
que
ceux
qui
ont
a
batailler,
sont
bien
contraints
de
s'enquerir
des
armures
de
leurs
ennemis,
et
de
leurs
astuces,
et
finesses,
afin
d'en
estre
advertis:
mais
quand
nous
sommes
si
fretillans,
que
sans
occasion
et
sans
necessite
aucune
nous
voulons
savoir
ce
qui
ne
nous
attouche
point,
et
qui
ne
nous
concerne
point:
n'est-ce
pas
tenter
Dieu?
n'est-ce
pas
nous
aller
ietter
aux
filets
que
nous
voyons
nous
estre
tendus
par
Satan?
Et
ainsi,
que
ceux
qui
ont
este
enseignez
purement
en
l'Evangile,
demeurent
la
tout
paisibles,
et
qu'ils
se
contentent
d'estre
approuvez
de
Dieu,
qui
ne
leur
peut
mentir
:
et
qu'ils
.
reiettent
toutes
les
tromperies,
qui
ne
seroyent
sinon
pour
les
envelopper
en
disputes
frivoles
sans
aucun
profit,
ni
sans
aucune
edification
de
leur
foy.
Et
mesmes
nous
voyons
comme
ii
en
est
advenu
a
d'aucuns,
ie
di
de
ces
gens
vollages
qui
se
sont
voulu
enquerir:
et
quand
ii
y
a
eu
une
secte,
qu'il
y
a
eu
quelque
opinion,
il
faut
savoir
que
c'est,
il
en
faut
savoir
disputer.
Et
bien,
qu'ont-ils
gagne
pour
toutes
ces
choses?
Dieu
les
a
delaissez,
qu'ils
ont
este
desprouveus
de
sens,
qu'il
y
a
eu
moins
d'advis
et
de
prudence
en
eux
qu'en
des
petits
enfans:
la
ou
les
choses
estoyent
paisibles,
ils
ont
voulu
tout
remuer,
voire
sans
rime
ne
raison,
qu'ils
n'ont
veu
goutte
en
ce
qui
estoit
si
visible,
et
patent,
qu'il
leur
pouvoit
crever
les
yeux.
Voyans
donc
que
Dieu
punit
ainsi
ces
esprits
bouillans,
et
qui
ne
cessent
de
se
tormenter
en
leur
inquietude,
qui
ne
peuvent
estre
rassasiez,
mais
s'enquierent
de
ce
qui
ne
leur
est
point
profitable:
d'autant
plus
devons-
nous
retenir
la
lecon
que
S.
Paul
nous
monstre,
c'est
de
ne
point
savoir
outre
mesure,
mais
a
sobriete:
que
nous
pensions
a
nostre
petitesse,
que
|