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SUR
LE
DEUTER.
CHAP.
XII.
210
a
le
servir
de
tant
meilleur
courage
en
nous
proposant
salaire.
Il
est
vray
qu'il
n'est
rien
tenu
envers
nous
en
rien
qui
soit:
que
quand
nous
l'aurons
servi,
voire
plus
que
nous
ne
faisons
cent
mille
fois,
si
est-ce
que
desia
nous
luy
devons
tout:
car
nous
sommes
siens.
Et
il
nous
faut
noter
la
similitude
de
nostre
Seigneur
Iesus
Christ:
Que
si
un
homme
a
un
serf
comme
un
esclave,
quand
il
aura
travaille
pour
luy
tout
au
long
du
iour,
et
qu'il
retourne
le
soir
en
sa
maison,
le
maistre
ne
se
levera
point
pour
luy
donner
a
soupper:
mais
encores
veut-il
estre
servi
de
luy
a
sa
table.
Or
il
est
certain
que
nous
devons
bien
plus
a
Dieu,
que
les
hommes
ne
doivent
les
uns
aux
autres:
employonsnous
tant
qu'il
nous
sera
possible,
voire
par
dessus
toutes
nos
forces,
encores
ne
pourrons-nous
point
nous
acquitter
de
la
centiesme
partie
de
ce
que
nous
luy
devons:
et
quel
salaire
donc
pourronsnous
meriter
envers
luy?
Mais
par
sa
bonte
gratuite
il
est
dit,
que
ce
ne
sera
point
peine
perdue
quand
nous
le
servirons.
Ainsi
donc
notons,
que
Dieu
ne
veut
point
establir
une
dignite
en
nos
oeuvres
quand
il
nous
promet
salaire
:
mais
c'est
afin
de
nous
inciter
tant
plus.
Et
de
faict,
nous
sommes
bien
lasches,
si
ce
regard
ne
nous
esmeut.
Voici
Dieu
qui
me
peut
commander,
et
exiger
de
moy
tout
ce
qu'il
voudra,
car
ie
luy
suis
oblige
en
tout
et
par
tout:
mais
afin
que
ie
ne
soye
point
retenu
de
paresse,
il
me
dit
que
si
le
sers,
il
me
fera
prosperer,
et
il
passe
ici
comme
un
contract,
par
lequel
il
s'oblige
envers
moy.
Si
cela
ne
nous
esmeut,
ne
faut-il
pas
que
nous
soyons
plus
durs
que
pierres?
Or
cependant
nous
voyons
comme
le
povre
monde
ne
se
peut
gagner
en
facon
que
ce
soit,
quand
les
promesses
nous
sont
annoncees,
que
Dieu
nous
benira:
si
nous
pensons
de
nous
adonner
a
son
service,
nous
ne
laissons
pas
de
nous
adonner
a
tout
mal,
et
semble
que
nous
profiterons
beaucoup
en
provoquant
son
ire.
Si
nous
voyons
quelque
apparence
de
profit,
chacun
court
apres,
et
y
est-on
ravi
du
tout.
Et
qu'advient-il
quand
nous
cuidons
nous
enrichir
ainsi
par
fraudes,
et
meschantes
pratiques?
quand
nous
voulons
parvenir
a
quelque
ambition,
et
en
dignite,
quelle
en
sera
l'issue?
Nostre
Seigneur
maudira
tout
cela.
Il
semble
donc
que
nous
vueillions
prosperer
comme
en
despit
de
Dieu:
et
nous
sommes
tellement
transportez
en
nos
affections,
et
poussez
d'une
telle
rage,
que
Dieu
ne
nous
peut
retenir
ni
par
brides,
ni
par
cordeaux,
ne
par
chaines
mesmes.
Voila
desia
un
grand
mal:
c'est,
combien
que
nostre
Seigneur
nous
convie
doucement
a
soy,
et
qu'il
tasche
de
iouyr
de
nous
en
nous
promettant
salaire:
que
toutesfois
nous
sommes
si
pleins
d'incredulite,
qu'il
nous
semble
que
ce
n'est
rien
de
ce
qu'il
nous
promet,
que
cela
est
frivolle,
nous
n'en
sommes
point
esmeus:
et
les
Calvini
opera.
Vol.
XXVII.
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