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Ma
Dame,
linquietude
desprit
ou
iay
este
depuis
que
vostre
ancien
serviteur2)
passa
par
icy
ma
faict
en
la
fin
changer
de
conseil;
car
si
vous
avez
este
en
grande
perplexite,
ie
vous
asseure
que
ien
ay
bien
senty
ma
part,
et
combien
que
de
prime
face
iavoye
pense
pour
le
mieux
de
suspendre
le
voiage
de
lhomme
duquel
ie
vous
avois
escrit,
apres
avoir
faict
plusieurs
discours,
il
ma
semble
que
pour
le
moins
il
ne
pourroit
faillir
de
vous
offrir
son
service
en
tel
besoing.
Oar
si
nous
laissions
passer
loccasion
de
vous
secourir,
ii
y
auroit
danger
dy
venir
trop
tard.
Ioinct
aussi
que
le
temps
me
dure
fort,
daultant
que
ie
nay
nulles
nouvelles
de
vostre
estat.
Et
pleust
a
Dieu
que
ieusse
la
liberte
de
my
emploier
en
personne,
mais
pource
que
Dieu
me
tient
attache,
iay
choisy
le
present
porteur,3)
comme
lhomme
qui
vous
sera
le
plus
propre
a
mon
advis,
en
toutes
sortes,
et
tant
pour
la
doctrine
que
pour
lestat
dausmonnie^.
Ie
croy
quil
sera
si
suffisant
que
vous
aurez
de
quoy
louer
Dieu.
Pource
quil
est
gentilhomme
dhonneste
maison^
il
en
sera
daultant
plus
mettable
envers
ceux
qui
ne
cherchent
qua
reculler
les
bons,
quant,
selon
ie
monde,
ilz
sont
contemptibles.
Vray
est
quil
nous
faut
arrester
au
principal,
et
mesme
que
la
noblesse
ne
seroit
pas
a
desirer
si
ung
homme
sen
prisoit
davantage,
veu
quil
seroit
empesche
pour
cela
de
.
servir
a
Dieu.
Mais
vous
ne
trouverez,
comme
iespere,
en
lhomme
ne
vanite
n'orgueil,
non
plus
quen
celuy
qui
congnoist
que
les
enfans
de
Dieu
doibvent
estre
menez
desprit
de
modestie
et
humilite.
Au
reste
combien
quil
soit
humain
et
traictable
envers
les
petitz,
humble
envers
ceux
ausquelz
il
doit
honneur,
modeste
envers
tous,
si
est
ce
que
sa
bonne
vie
avec
latrempance
qui
est
en
luy,
et
la
grace
denseigner
luy
donneroit
authorite
de
sacquiter
de
son
debvoir
en
ce
que
vous
desirez.
Ferrare
par
ung
nomme
Colonge,
lequel
alla
vers
elle
durant
que
la
pauvre
dame
estoit
bien
affligee
a
la
poursuitte
du
Roy
de
France
son
nepveu,
et
partit
d'icy
en
viror
ung
moys
apres
que
Lyon
Jamet
passa
par
ceste
ville
en
poste,
allant
par
devers
elle
pour
la
solliciter
de
ne
faire
plus
aulcune
profession
de
chrestienne.
C'est
luy
qu'il
nomme
son
ancien
serviteur.
2)
Lyon
(Leon)
Jamet,
avait
ete
secretaire
de
la
duchesse
apres
le
depart
de
Cl.
Marot,
ll
existe
de
lui
quelques
poesies
(Haag
VI
27.)
Ce
qui
est
dit
de
lui
dans
la
note
precedente
contredit
Vassertion
de
Blummer
(Benata
o.
F.
p.
93)
qui
vante
son
ze1e
evangelique.
Toujours
est-il
qu'il
alla
encore
visiter
Calvin.
Du
reste
il
est
probable
que
la
mission
de
Jamet
preceaa
celle
de
Vinquisiteur
Orys
que
le
Roy
envoya
a
Ferrare
pour
aider
le
duc
a
ramener
la
princesse
au
catholicisme.
{Le
Laboureur,
Add.
aux
Memoires
de
Castelnau
L
717.)
3)
Le
ministre
Francois
de
Morel,
surnomme
Monsieur
de
Colonges.
La
notice
de
la
France
protestante
(VII.
500)
est
incomplete,
en
ee
qu'elle
ne
dit
rien
de
ce
qui
a
precede
son
ministere
a
S**
Marie-aua-Mines
en
1556.
Voyez
aussi
N.
1496.
1763.
1978.
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