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SUR
LE
DEUTER
CHAP.
XII.
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sacrifice,
pour
testifier
que
la
terre
seroit
comme
pollue,
n'estoit
que
Dieu
punist
une
telle
offense,
encores
que
l'autheur
du
meurtre
ne
se
trouve
point.
Et
que
sera-ce
donc
quand
nos
mains
seront
sanglantes,
et
que
l'homicide
sera
cogneu,
et
que
nous
serons
pleins
de
cruaute
contre
nos
freres?
Pensonsnous
eschapper
impunis
de
la
main
du
iuge,
quand
il
a
prononce
une
telle
sentence?
Et
mesmes
encores
qu'il
se
commette
des
tueries
en
guerre,
combien
que
cela
soit
permis,
quand
la
guerre
sera
iuste:
si
estce
qu'encores
il
y
a
une
espece
de
pollution
(dit
l'Escriture)
afin
que
les
hommes,
quand
ils
seront
contraints
mesmes
pour
maintenir
une
iuste
querelle,
de
tuer
leurs
ennemis,
qu'ils
cognoissent
:
Helas
!
il
faut
que
ie
defface
ici
les
creatures
qui
sont
formees
a
l'image
de
Dieu:
et
qu'ils
ayent
crainte
et
horreur
de
cela.
Ainsi
donc
notons
que
sur
toutes
choses
Dieu
veut
que
nous
vivions
paisiblement
les
uns
avec
les
autres
sans
faire
tort
ni
violence
a
nul
qui
soit.
Or
il
est
vray
que
les
meurtres
sur
tout
sont
execrables
a
Dieu
:
mais
cependant
notons
que
toutes
violences
par
ce
moyen
sont
aussi
deffendues.
Et
c'est-ce
que
le
Prophete
Isaie
reprochoit
aux
Iuifs,
que
leurs
mains
estoyent
sanglantes.
Ce
n'est
pas
qu'ils
eussent
brigande
par
les
champs,
qu'ils
eussent
battu
ni
frappe,
tellement
qu'on
leur
peust
faire
leur
proces
devant
les
iuges
terriens:
mais
c'estoit
pour
les
pillages,
et
les
rapines
quils
faisoyent,
et
qu'ils
avoyent
devore
iniustement
la
sustance
d'autruy.
Quand
donc
il
n'y
aura
point
de
meurtres
manifestes,
et
qui
soyent
condamnez
par
la
iustice:
Dieu
pour
cela
ne
se
tient
point
content,
sinon
que
nous
soyons
purs
de
toutes
rapines,
de
toutes
iniures,
et
que
nous
ayons
vescu
avec
nos
prochains
en
telle
equite,
que
nous
n'ayons
attente
sur
autruy,
sinon
ce
que
nous
voulons
qu'on
nous
face.
Qui
plus
est,
nous
avons
a
noter
ce
que
dit
S.
Iehan
en
sa
Canonique:
Que
celuy
qui
hayra
son
prochain,
voire
en
son
coeur,
que
celuy-la
est
desia
meurtrier
devant
Dieu.
Encores
que
ceste
haine
ne
soit
point
cogneue,
que
nous
ne
donnions
nul
signe
aux
hommes
d'estre
transportez
d'appetit
de
vengeance,
pour
faire
quelque
tort:
encores
que
cela
ne
soit
point,
et
que
nostre
malice
soit
cachee
devant
les
hommes
:
nous
sommes
coulpables
de
meurtre
devaut
Dieu,
si
nous
avons
quelque
aigreur
la
dedans.
Car
ce
seroit
donner
lieu
a
Satan,
comme
S.
Paul
en
parle,
quand
il
nous
exhorte
que
le
soleil
ne
se
doit
point
coucher
sur
nostre
cholere.
Il
dit
que
celuy
qui
a
ainsi
le
coeur
infecte
de
haine
ou
rancune,
donne
possession
a
Satan,
afin
qu'il
domine
en
luy.
Voila
donc
ce
que
nous
avons
a
retenir.
Or
i'ay
desia
dit
que
l'usage
de
ceste
ceremonie
a
cesse
a
la
venue
de
nostre
Seigneur
Iesus
Christ:
et
d'autant
plus
devons-nous
estre
incitez
a
servir
Dieu,
quand
nous
voyons
qu'il
ne
nous
tient
point
en
bride
si
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