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SERMON
LXXXIV.
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que
Dieu
nous
donne,
pour
en
iouyr,
voire
selon
qu'il
est
expedient.
Oar
nous
savons
que
ceste
liberte
doit
estre
restrainte:
et
S.
Paul
nous
admoneste,
que
tout
ce
qui
nous
seroit
licite,
n'est
pas
tousiours
utile:
pource
qu'il
n'edifie
pas
nos
prochains.
Mais
quoy
qu'il
en
soit
si
avons-nous
nos
consciences
libres,
que
nous
pouvons
user
de
ce
que
Dieu
nous
a
promis
en
sa
parolle.
Et
ainsi,
en
beuvant
et
mangeant
nous
pourrons
luy
rendre
graces,
voire
d'un
coeur
paisible,
cognoissans
que
c'est
luy
qui
nous
appareille,
et
que
nous
tenons
tout
de
sa
main
:
et
puis
nous
sommes
tousiours
admonnestez
par
ce
moyen-la
qu'il
est
prochain
de
nous,
et
qu'il
estend
sa
providence
iusques
aux
plus
petites
choses.
Car
il
semble
bien
que
le
boire
et
le
manger
ne
soit
pas
une
chose
digne
ou
Dieu
regarde:
mais
il
veut
la
presider,
afin
que
nous
cognoissions
la
solicitude
paternelle
qu'il
a
de
nous,
et
non
seulement
quant
a
nos
ames,
mais
aussi
quant
a
nos
corps,
combien
qu'ils
soyent
caduques
et
corruptibles.
Cependant
Moyse
adiouste
:
Que
le
peuple
se
garde
bien
de
manger
du
sang
de
bestes.
Enquoy
il
monstre
que
nous
devons
tellement
user
des
creatures
de
Dieu,
que
nous
ayons
en
horreur
toute
cruaute.
Car
de
prime
face
il
semble
que
ce
soit
chose
contre
nature,
de
tuer
les
bestes
ausquelles
Dieu
avoit
donne
vie,
qu'on
les
assomme,
qu'on
leur
coupe
les
gorges:
il
semble
que
ce
soit
changer
ce
que
Dieu
avoit
institue,
et
que
les
hommes
prevertissent
tout,
quand
ils
se
donnent
une
telle
licence.
Or
tant
y
a
que
nostre
Seigneur
dit,
qu'on
pourra
manger
licitement
des
bestes,
et
qu'il
les
a
creees
a
l'usage
des
hommes.
Mais
cependant
afin
d'accoustumer
son
peuple
a
humanite,
il
dit
qu'il
s'abstiendra
du
sang.
Or
ceci
a
este
pour
le
temps
de
la
Loy,
et
des
ceremonies.
Car
comme
desia
nous
avons
veu,
nostre
Seigneur
a
gouverne
ce
peuple
ancien
comme
des
petis
enfans:
et
nous
savons
qu'on
ne
se
contente
pas
d'enseigner
aux
petits
enfans
ce
qui
est
bon:
mais
pource
qu'ils
n'ont
point
encores
la
capacite
d'user
des
choses,
comme
ceux
qui
sont
parvenus
en
aage
d'homme,
on
leur
deffend,
et
ne
leur
permet-
on
point
d'user
de
ce
qui
de
soy
leur
est
licite.
Comme
quoy?
On
chastiera
un
enfant
s'il
manie
un
cousteau;
car
il
ne
sait
point
encores
quel
en
est
l'usage.
Ainsi
donc
nostre
Seigneur
a
eu
comme
une
doctrine
puerile,
et
comme
des
rudimens,
ainsi
que
nous
dirons
l'a,
b,
c,
pour
conduire
ce
peuple
qui
estoit
encores
rude
et
foible:
mais
si
est-ce
que
nous
savons
la
fin
et
l'intention
de
la
Loy,
quand
il
falloit
s'abstenir
du
sang
des
bestes.
Car
Dieu
a
voulu
que
les
hommes
eussent
en
horreur
toute
cruaute.
Et
de
cela
l'exposition
en
est
donnee
par
Moyse
au
9.
chap.
de
Genese.
Car
apres
le
deluge
Dieu
declaire
que
les
hommes
pourront
bien
manger
des
bestes,
moyennant
qu'ils
s'abstiennent
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