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SUR
LE
DEUTER.
CHAP.
XII.
202
serons
redarguez,
qu'ils
nous
exhortent,
qu'ils
nous
reprennent,
qu'ils
nous
domptent
par
menaces,
et
reprehensions
vives
et
aigres.
Or
ce
n'est
pas
ce
que
le
monde
appette
ne
desire:
aussi
on
aimeroit
beaucoup
mieux
nourrir
gens
qui
ne
sonnassent
mot,
que
d'avoir
un
prescheur
qui
reprenne
vivement
les
vices:
et
si
c'estoit
au
choix,
le
monde
aimera
tousiours
mieux
de
nourrir
quelques
convents
de
chanoines,
et
de
moynes
qui
ulleront
la
a
plein
gosier,
que
de
nourrir
un
prescheur
qui
parlera
comme
il
doit.
On
se
contentera
d'avoir
des
orgues.
Et
pourquoy?
Car
elles
ne
faschent
point
les
hommes,
elles
ne
les
redarguant
point
de
leurs
vices:
mais
de
ceux
qui
annoncent
vivement
la
parolle
de
Dieu,
on
s'en
voudroit
deffaire
s'il
estoit
possible.
Et
ainsi,
ce
n'est
point
sans
cause
que
nostre
Seigneur
declaire,
qu'il
ne
veut
point
que
ceux
qui
portent
la
doctrine
en
son
nom,
soyent
delaissez:
car
par
ce
moyen
le
peuple
se
prive
de
la
pasture
de
vie,
quand
il
refuse
de
nourrir
ceux
qui
luy
apportent
la
doctrine
de
salut,
c'est
autant
comme
s'il
vouloit
demeurer
affame.
Et
voila
pourquoy
aussi
sainct
Paul
insiste
tant
sur
ceste
admonition.
Il
est
certain
qu'il
n'a
point
cerche
son
profit:
et
mesmes
il
s'est
deporte
de
prendre
en
quelques
lieux
les
gages
qui
luy
appartenoyent,
voyant
les
murmures:
et
aimoit
mieux
prendre
des
autres
Eglises
ausquelles
il
ne
servoit
point,
que
des
Corinthiens,
pource
qu'il
voyoit
la
une
telle
ingratitude:
mais
il
a
laboure
de
ses
mains,
plustost
que
de
donner
occasion
de
mal
parler.
Nous
avons
donc
un
homme
qui
n'est
point
adonne
a
soy,
et
qui
mesmes
quitte
de
son
bon
gre
ce
que
Dieu
luy
avoit
ordonne:
tant
y
a
qu'il
ne
laisse
point
de
remonstrer
que
ceux
qui
annoncent
la
parolle
de
Dieu,
doivent
estre
sustantez
et
nourris.
Et
pourquoy
cela?
Car
nous
voyons
l'astuce
du
Diable,
qui
ne
demande
sinon
que
les
Eglises
soyent
destituees
de
bons
pasteurs:
et
puis
il
regarde
la
malice
du
monde.
Pour
ceste
cause
S.
Paul
insiste
tant,
que
ceux
que
Dieu
aura
commis
pour
annoncer
sa
parolle,
soyent
fidelement
entretenus.
C'est
grande
chose
(dit-il)
quand
nous
vous
apportons
les
biens
spirituels,
que
nous
n'ayons
dequoy
estre
sustantez
en
nos
corps:
voila
une
belle
recompense.
Et
si
cela
vous
fasche,
vous
monstrez
une
grande
malice,
et
que
vous
prisez
bien
peu
ce
thresor
inestimable
qui
vous
estoit
envoye
de
Dieu.
Maintenant
nous
voyons
a
quel
propos
Moyse
recommande
ici
la
lignee
de
Levi.
Ce
n'est
point
tant
pour
le
profit
particulier
de
ceux
qui
devoyent
estre
sustantez
par
les
oblations,
et
premices,
et
dismes,
que
pour
l'utilite
commune
de
tout
le
peuple.
Car
c'est
afin
que
tous
ensemble
soyent
maintenus
en
la
vraye
union
de
foy,
et
qu'ils
ayent
tousiours
gens
qui
les
inci-
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