27:200 LE CINQUIESME SERMON SUR LE CHAP. XII. V. 19.28. DU MERCREDI 9¢ç D'OCTOBRE 1555. Nous vismes hier pourquoy Dieu avoit assigne aux Levites ca et la, des villes au pays de Iudee, assavoir pour maintenir la vraye religion et pure entre son peuple. Car si quelques uns se fussent voulu destourner en superstitions, ou idolatries, ceux que Dieu avoit ordonnez a son service, les pouvoyent redresser par bonnes admonitions. Ainsi il y avoit semence de bonne doctrine par tout. Suyvant cela Moyse adiouste : Que le peuple se garde Uen de les frustrer de leur droict Et non sans cause : car Dieu les avoit constituez afin qu'ils vaquassent a son service (comme nous avons declaire) et la plus grande partie aussi qu'ils enseignassent le peuple de Dieu, tellement que sa Loy fust cogneue. Puis qu'ainsi est donc c'estoit bien raison qu'ils fussent nourris et substantez. Car de faict une partie de l'heritage leur appartenoit, pource qu'ils estoyent descendus de la lignee d'Abraham : mais Dieu les en avoit privez, afin que ils ne fussent point empeschez, ni a cultiver la terre, ni a autres negoces: mais qu'ils fussent adonnez du tout a faire leur office. Or ce n'est point sans cause que Moyse notamment exhorte le peuple a, s'acquitter de son devoir en cest endroict: car nous voyons l'ingratitude du monde. Les idolatres nourriront bien leurs sacrificateurs, et la rien n'y est espargne: mais de ceux qui servent purement a Dieu, on n'en tiendra conte le plus souvent, et on Pa veu de tout temps. Nous voyons les complaintes que Dieu fait, que il estoit fraude tant des premices que des oblations, et de tout le reste qu'il avoit ordonne en sa Loy: cependant si on se fust enquis comme les Payens se gouvernoyent envers leurs idoles, on eust trouve qu'ils eussent bien voulu consommer une grande partie de leur substance en leurs superstitions. Nous voyons donc (comme i'ay desia touche) que le monde est si ingrat envers le Dieu vivant, que s'il n'est bien solicite, il laissera escouler tout ce que Dieu commande, et seroit content que iamais il n'en fust mention. Sur tout, ceux que Dieu aura ordonne pour annoncer sa parolle, non seulement seront mesprisez: mais on voudroit en estre du tout quittes. Et pourquoy? D'autant que Dieu nous redargue de nos fautes, et nous voudrions qu'il fust loin de nous, et qu'il nous laissast la bride sur le col, qu'un chacun se gouvernast a son appettit: il nous fasche donc quand nous sommes pressez par la parolle de Dieu. Or cependant ceux qui sont commis en ceste charge, s'ils font leur devoir, il faudra qu'ils nous soyent importans, quand nous