10.1:200 les commandemens. Et sainct Paul parlant aux Chrestiens, ne leur baille point une nouvelle forme pour servir a Dieu: mais plustost les ramene a la loy comme quant il dict au xiii des Romains, Celuy qui aime son prochain a accomply la loy. Car ces commandemens: tu ne paillarderas point, tu ne seras ne meurtrier, ny larron, sont compris en ce sommaire: Tu aymeras ton prochain comme toy mesmes. Item au 5e des Galatiens: Servez l'un l'autre en charite. Car toute la Loy est accomplie en ce mot: Tu aymeras ton prochain comme toymesmes. Item au 6e des Ephesiens: Enfans obeissez a voz peres et meres. Car cela est iuste comme il est escrit: honore ton pere et ta mere, qui est le premier commandement avecques promesses. Brief l'Ecriture est plaine de telz tesmoignages. Et quiconques nye que la Loy ne soit commune a tous fidelles tant Chrestiens que Iuifz cestuy la renonce plainement Dieu et sa iustice. Car toute perfection de sainctete est contenue en la loy. Au reste quant l'Escriture dict que la Loy a prins fin fr la venue de Iesus Christ, cela s'entend des ceremonies: comme c'est une doctrine si claire qu'elle est tournee quasi en proverbe: Que la Loy moralle dure a iamais, combien que la loy ceremonielle soit abolie. Item quant l'Escriture dict, que les Chrestiens sont afranchiz de la servitude de la Loy, cela s'entend avec les conditions et qualitez qui y estoient apposees, a ce qu'elle ne nous tienne plus en sa rigueur pour nous condamner. Mais cependant la doctrine ne laisse point d'avoir sa vigueur. Et quiconques veult obeir a Dieu, il doit la conformer sa vie et s'y assubicctir. Parquoy il est a conclurre que frere Matthieu Orris banissant la Loy des dix parolles de l'eglise chrestienne blaspheme trop villainement contre Dieu, qui en est lautheur, foullant aux piedz son authorite. Car il nous doit souvenir que sainct Iaques, voulant monstrer que c'est a Dieu qu'il appartient de saulver et damner, nous ramene a ce point la, qu'il a donne sa Loy pour gouverner noz ames. Vray est que le commandement du Sabbat est bien ceremonial en partie: mais quant a la substance et verite il demeure en son entier et doit valloir entre les Chrestiens: combien que ce qui concernoit les umbres et figures aict cesse. Mesmes cela faict contre ce cafart. Car en toutes les dix parolles on ne trouvera rien qui appartienne aux ceremonies anciennes excepte l'observation du Sabbat. Comme aussi S. Augustin en parle notamment au livre de spiritu et litera. Dont il s'ensuit que la deffense de faire images est comprinse en la Loy moralle, a laquelle tous ceux qui ne veullent estre subiectz reiectent le ioug de Dieu. Frere Matthieu Oris adiouste consequemment: