|
27:197
197
SUR
LE
DEUTER.
CHAP.
XII.
198
donne
point
dequoy:
il
nous
faut
donc
porter
en
patience
nostre
petite
condition,
et
ne
point
lascher
la
bride
a
nos
appettits:
car
nous
ne
ferons
que
despitter
Dieu,
quand
nous
serons
menez
de
friandise,
et
de
chose
semblable:
ainsi
advisons
de
nous
contenter
du
peu
qu'il
nous
donne.
Et
voila
comme
les
riches,
combien
qu'ils
soyent
traittez
a
leur
aise,
qu'ils
ayent
dequoy
avoir
auiourd'huy
leurs
commoditez:
qu'ils
cognoissent
que
si
Dieu
les
en
veut
priver
demain,
qu'il
ne
leur
face
point
mal
de
tout
quitter:
mais
qu'il
s'humilient,
pour
dire:
Seigneur,
auiourd'huy
ie
vivray
selon
la
benediction
que
tu
m'auras
donnee,
demain
si
tu
me
voulois
appovrir,
il
est
bien
en
toy:
seulement
faymoy
la
grace
que
ie
soye
apprins
de
me
contenter
d'une
autre
facon
de
vivre
que
celle
que
i'ay
auiourd'huy.
Si
i'ay
auiourd'huy
de
la
pitance,
selon
que
ma
faculte
le
porte,
si
tu
voulois
m'amener
au
pain
bis,
que
ie
souffre
d'estre
reduit
a
cela,
et
que
i'aye
le
col
tout
plie
pour
recevoir
ton
ioug.
Voila
en
somme
ce
que
nous
avons
a
noter
de
ce
mot,
ou
Moyse
exprime
qu'il
faut
qu'un
chacun
se
gouverne
en
son
boire
et
en
son
manger
selon
la
benediction
de
Dieu,
c'est
a
dire,
selon
sa
faculte,
et
selon
que
Dieu
aura
donne
dequoy
a
chacun.
Or
nous
sommes
aussi
quant
et
quant
admonnestez
de
ne
point
gourmander
de
tout
ce
que
nous
pourrons
gagner
par
pillages,
et
par
meschantes
traffiques:
car
ce
n'est
plus
benediction
de
Dieu.
Quand
un
homme
par
fraude
et
par
malice
aura
attire
le
bien
d'autruy
a
soy
:
pourra-ii
appeller
cela
benediction
de
Dieu?
Il
est
vray
que
les
richesses
viendront
tousiours
de
la
main
de
Dieu:
mais
celuy
qui
s'est
enrichi
par
faudes,
et
rapines,
celuyla
est
reiette
de
Dieu,
et
desadvoue
pleinement.
Et
ainsi
donc
notons,
que
quand
un
homme
pourroit
par
meschantes
pratiques
avoir
dequoy
se
nourrir
grassement:
qu'il
ne
faut
pas
qu'il
se
permette
une
telle
licence.
Et
pourquoy?
Car
nous
sommes
ici
restraints
a
la
benediction
de
Dieu.
Si
cela
estoit
bien
note,
on
ne
verroit
point
auiourd'huy
tant
de
corruptions
par
tout
le
monde,
qu'on
en
voit.
Car
on
ne
dispute
sinon
d'avoir
dequoy
se
nourrir.
Par
quel
moyen,
si
cela
est
licite,
si
cela
est
raisonnable
:
on
ne
veut
point
entrer
en
telle
cognoissance.
Et
quand
un
homme
aura
le
moyen
de
piller,
et
fourrager,
il
ne
s'en
soucie
nullement.
Nous
voyons
les
rapines
qui
se
font,
nous
voyons
les
fraudes,
les
malices,
qu'il
n'y
a
auiourd'huy
estat
au
monde
qui
ne
soit
tant
perverti
que
c'est
un
horreur:
et
chacun
ne
demande
que
d'attirer
a
soy
la
substance
d'autruy,
et
c'est
tout
un
comment.
Et
pourquoy?
Car
nous
ne
regardons
point
a
la
benediction
de
Dieu:
et
mesmes
les
uns
par
mensonge,
les
autres
par
belles
tromperies
s'insinuent.
Et
pourquoy?
Afin
de
se
nourrir.
Voila
Dieu
qui
nous
appelle
|