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SERMON
LXXXIII.
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luy
qu'appartient
de
nous
imposer
loy.
Et
ne
faut
point
qu'un
homme
mortel
s'esleve
iusques
la:
et
quand
il
usurpe
ce
qui
ne
luy
est
point
deu,
que
nous
le
mesprisions,
et
mesmes
que
nous
l'ayons
en
detestation,
comme
celuy
qui
tasche
a
reverser
l'authorite
de
Dieu.
Voila
donc
ce
que
nous
avons
a
observer,
quand
Dieu
donne
la
permission
et
conge
a
son
peuple
de
manger
en
tous
lieux
de
la
chair,
voire
moyennant
qu'elle
ne
soit
point
sacrifice.
Comme
s'il
disoit:
En
beuvant,
et
en
mangeant
cognoissez
ce
qui
vous
est
licite.
Et
comment
le
pourrez
vous
discerner?
Par
ma
parolle.
Quand
vous
estes
advouez
de
moy,
que
vous
ne
craigniez
plus
rien:
si
les
hommes
vous
imposent
des
loix
nouvelles,
que
tout
cela
soit
frivoile:
car
c'est
assez
que
vous
ayez
liberte
de
par
moy.
Or
notamment
Moyse
adiouste
:
Selon
la
benediction
que
ton
Dieu
saura
donnee.
En
quoy
il
monstre
que
chacun
doit
regarder
sa
faculte,
et
reigler
la
son
appetiit.
Car
si
le
riche
mange
selon
sa
faculte,
c'est
a
dire,
ayant
dequoy,
quand
le
povre
voudra
estre
egal,
il
faut
qu'il
trouve
:
mais
celuy
qui
n'a
point
dequoy
ne
plaist
point
a
Dieu,
quand
il
veut
estre
nourri
aussi
delicatement
que
celuy
qui
est
riche.
Il
est
vray
que
nous
devons
tousiours
retenir
ceste
doctrine
de
S.
Paul,
et
la
prattiquer:
Que
celuy
qui
a
abondance
ne
gourmande
point
pour
se
crever,
et
qu'aussi
il
ne
soit
point
adonne
a
ses
delices:
comme
aussi
il
en
touche
en
l'autre
lieu
au
13.
des
Romains
:
Qu'il
ne
faut
point
que
nous
ayons
le
soin
de
nostre
chair
pour
la
mignarder
par
trop:
car
elle
ne
demande
pas
mieux,
et
nos
apettits
n'ont
nulle
mesure,
mais
que
c'est
un
abysme
confus.
Les
plus
riches
donc,
combien
qu'ils
ayent
grande
provision,
ne
doivent
pas
se
saouler
sans
mesure,
tellement
qu'ils
ne
gardent
tousiours
attrempance,
et
qu'ils
ne
s'employent
de
communiquer
a
ceux
qui
sont
en
disette
et
en
povrete:
car
Dieu
veut
esprouver
la
charite
de
ceux
qui
ont
dequoy,
quand
il
leur
donne
plus
que
leur
usage,
afin
qu'ils
n'espargnent
point
ce
qu'ils
ont:
mais
qu'ils
en
subviennent
a
leurs
povres
freres,
et
indigens.
Mais
tant
y
a
qu'un
riche
pourra
manger
selon
la
benediction
que
Dieu
luy
aura
donnee:
et
il
faudra
qu'un
povre
se
contente,
et
que
s'il
n'a
que
du
pain
bis,
il
ne
tasche
point
a
manger
du
pain
blanc
comme
l'autre:
mais
qu'il
porte
sa
povrete
patiemment,
et
qu'il
demande
a
Dieu
qu'il
le
nourrisse
comme
de
Manne
du
ciel:
encores
qu'il
ne
mange
que
du
pain,
que
cela
luy
serve
de
toutes
viandes.
Voila
en
somme
ce
que
Moyse
nous
a
voulu
monstrer.
Or
c'est
une
bonne
doctrine,
et
bien
utile:
car
par
icelle
nous
sommes
advertis,
que
si
Dieu
nous
donne
abondance,
il
nous
faut
tousiours
regarder
qu'il
habite
au
milieu
de
nous:
et
que
nous
ne
soyons
point
comme
ces
yvrongnes,
que
s'il
y
a
bonne
annee
de
vin,
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