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en
puissions
manger,
et
tout
le
reste.
Que
nous
sachions
que
cela
n'est
point
par
cas
fortuit,
que
les
viandes
croissent
au
monde:
mais
que
c'est
Dieu
qui
les
a
destinees,
afin
que
nous
soyons
nourris
par
sa
bonte.
Or
i'ay
dit
que
ceste
doctrine
est
bien
necessaire:
car
que
sera-ce,
que
nous
ne
puissions
manger
un
morceau
de
pain
sans
offenser
Dieu?
Et
sainct
Paul
le
prononce
ainsi.
Et
pourquoy?
Car
si
ie
ne
cognoy
qu'en
tout
et
par
tout,
quant
au
boire
et
au
manger,
ie
tien
de
Dieu
le
bien
qu'il
m'ordonne,
c'est
comme
si
ie
le
desroboye:
ie
vien
piller
la
comme
un
chien
ou
un
chat
qui
prendra
ce
qui
ne
luy
est
point
ordonne.
Voila
donc
desia
une
offense.
Et
puis
Dieu
est
enseveli,
quand
on
ne
cognoist
pas
que
c'est
luy
qui
donne
le
pain
pour
la
nourriture
:
si
nous
n'avons
cela
bien
persuade,
Dieu
est
frustre
de
l'honneur
qui
luy
appartient,
que
nous
ne
le
cognoissons
plus
nostre
pere
nourricier,
nous
sommes
tellement
abrutis,
qu'il
ne
nous
souvient
plus
de
la
vie
qui
nous
est
apprestee
au
royaume
des
cieux.
Or
quand
il
a
un
soin
paternel
de
nous
en
ce
monde,
c'est
afin
que
cela
nous
conduise
plus
haut.
Et
ainsi
nous
voyons
bien
que
sans
ceste
certitude
que
Dieu
nous
permet
de
boire
et
de
manger
selon
sa
benediction,
que
nous
sommes
comme
bestes
brutes,
et
pires
encores.
Et
d'autrepart,
qui
est-ce
qui
nous
a
donne
ce
privilege
de
gourmander
les
biens
de
Dieu?
nous
qui
sommes
miserables
creatures,
qui
ne
cessons
de
l'offenser,
si
nous
ne
savons
que
c'est
par
sa
bonte
gratuite,
et
que
cela
ne
nous
appartient
pas,
sinon
que
Dieu
se
veut
monstrer
liberal
envers
nous
?
il
est
certain
que
nous
ravissons
tout
sans
aucun
tiltre.
Aiosi
en
toutes
sortes
nous
sommes
coulpables
par
nostre
boire,
et
par
nostre
manger,
iusques
a
tant
que
nous
ayons
cogneu
que
c'est
Dieu
qui
nous
donne
le
tout.
Or
par
cela
nous
sommes
aussi
admonnestez
quant
au
boire
et
au
manger,
qu'il
ne
nous
faut
point
observer
les
traditions
des
hommes:
mais
qu'il
nous
doit
suffire
d'avoir
tesmoignage
de
la
bonne
volonte
de
Dieu.
Et
voila
aussi
ou
l'Escriture
nous
ramene,
quand
elle
condamne
ces
badinages
que
les
hommes
se
forgent,
pour
dire
:
II
n'est
point
licite
de
manger
chair
en
un
tel
iour,
il
faudra
ceci,
il
faudra
cela.
En
quelle
authorite
est-ce
que
les
nommes
ont
commande
et
deffend
u
telle
chose?
Car
le
Pape,
et
tous
les
siens
ne
sauroyent
pas
creer
une
mouche
:
et
nous
deffendront-ils
de
manger
du
boeuf
qui
a
este
cree
a
nostre
usage,
ou
du
mouton,
ou
quelque
autre
chose?
Comment
ontils
usurpe
ceste
authorite-la,
sinon
qu'ils
ont
despouille
Dieu
de
la
maistrise
qu'il
a
sur
nous?
Ainsi
donc
regardons
a
la
volonte
de
nostre
Dieu
:
et
quand
nous
cognoissons
que
sans
exception
il
nous
a
donne
les
viandes,
qu'un
chacun
en
use
en
sobriete,
et
qu'il
nous
suffise
d'estre
gouvernez
par
sa
parolle:
car
c'est
a
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