10.1:186 Il se faut bien ici garder d'ambition, mais c'est tant d'une part que d'autre. A savoir comme on ne doit point pour gratifier rompre l'ordre de l'Eglise, aussi qu'on ne doit point en tenant trop grande rigueur donner occasion de penser qu'on cherche son avantage. Et de fait, le mot dont S. Paul use quand il defend de rien faire par ambition, emporte appetit de victoire.l) Ainsi le vray moyen qu'on a a tenir en tels troubles est de ne point chercher qui gaignera. Si ceux qui font profession de se vouloir retirer au bon chemin se sentent grevez en ceci ils ont grand tort. Car il est certain quon ne les peut tenir pour pasteurs chrestiens qu'ils n'ayent renonce a la prestrise papale, en laquele ils ont este institues pour sacrifier Iesuchrist, qui est un blaspheme digne d'estre deteste. Et puis il faut bien qu'ils protestent de s'abstenir doresenavant de toutes superstitions et ordures qui repugnent a la simplicite de l'Evangile. Car comment pourroyent ils administrer la saincte Cene, sinon estans separez de ceste abomination de la Messe? Et aussi ils ne peuvent estre ministres du Baptesme, qu'en reiettant les meslinges dont il a este corrumpu. Bref l'Eglise ne les peut accepter pour pasteurs qu'ils ne s'obligent de faire leur devoir. Cela presuppose il faudra qu'un Evesque tasche tant qu'il pourra de purger les Eglises qui sont sous sa charge et superintendence de toutes idolatries et erreurs, monstrant le chemin a tous Curez de son Diocese, et les induisant a obeir a la reformation a laquele la Parole de Dieu nous convie et laquele est conforme a l'estat et prattique de l'Eglise primitive. Ce pendant qu'il declare n'avouer ceux qui ne voudront acquiescer a la Parole de Dieu et qu'il monstre a l'opposite qu'il saccorde avec les vrais serviteurs de Dieu et qu'il veut observer union fraternelle avec eux. Touchant du bien temporel, soit en iurisdiction ou revenu, combien que c'est une corruption incompatible avec la pure simplicite du regime spirituel de l'Eglise, toutesfois durant que les choses demeurent confuses on pourra bien par tolerance leur en laisser la possession, moyennant quon les exhorte de distribuer le bien qu'ils ont entre mains, comme estant dedie a Dieu, tant pour ne point profaner les choses sacrees qu'aussi pour se tenir en modestie convenable a vrays Evesques. Au reste le meilleur seroit, quand teles gens voudroyent retenir leurs Seigneuries et iurisdictions terriennes, qu'ils se contentassent destre tenus comme protecteurs de l'Eglise tenant le main a ce que la parole de Dieu preschee par les ministres fust re- 1) (paoviixia (?). La traduction latine met le mot grec et cite 1. Cor. ll, 16.