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SUR
LE
DEUTER.
CHAP.
XII.
182
pour
nous
tenir
sous
la
conduite
de
nostre
Dieu:
quand
nous
sommes
a
repos,
alors
nostre
esprit
se
tormente
en
beaucoup
d'inquietudes
:
et
c'est
tout
le
contraire
de
ce
que
Dieu
pretend.
Car
s'il
nous
donne
relasche,
que
nous
ne
soyons
point
agitez
de
crainte,
ne
de
frayeur:
pourquoy
est-ce?
N'estce
pas
a
ce
que
nous
soyons
paisibles,
pour
dire:
Or
ca,
mon
Dieu,
si
i'estoye
en
trouble
d'esprit,
i'auroye
occasion
d'estre
transporte
ca
et
la,
et
de
cercher
a
faire
une
chose,
ou
une
autre,
ie
regarderoye
a
plusieurs
remedes:
maintenant
qu'il
te
plaist
me
tenir
a
repos,
c'est
bien
raison
Seigneur,
que
ie
me
tienne
coy,
et
que
ie
me
laisse
gouverner
par
ta
parolle,
que
ie
souffre
d'estre
plie
comme
tu
voudras,
et
que
ie
ne
vienne
point
lascher
la
bride
a
mes
concupiscences:
car
ce
seroit
une
ingratitude
meschante.
Voila
donc
ce
que
Moyse
a
entendu
en
ce
passage.
Or
ceci
se
rapporte
aussi
bien
a
nous.
Car
quand
il
plaira
a
Dieu
de
nous
donner
repos
de
nos
ennemis,
alors
nous
devons
estre
tant
plus
paisibles
en
nostre
estat
interieur.
Comme
quoy?
Si
nous
estions
entre
les
Papistes,
nous
pourrions
estre
en
telle
frayeur,
qu'il
faudroit
tous
les
iours
penser
a
nouveau
conseil
:
comme
ces
povres
gens
qui
sont
la
peuvent
dire:
Helas!
ie
n'ay
point
de
liberte
de
servir
a
Dieu.
Et
comment
me
pourray-ie
guider
en
sorte
que
ie
ne
me
pollue
point
parmi
les
superstitions
des
idolatres?
Voila
donc
ces
povres
captifs
qui
regardent
s'il
sera
possible
de
trouver
quelque
facon,
comme
pour
nager
entre
deux
eaux:
et
il
ne
s'en
faut
point
esbahir
s'ils
en
sont
la.
Vray
est
que
ce
n'est
point
excuse
suffisante:
car
quoy
qu'il
y
ait,
si
se
faut-il
resoudre
neantmoins
de
servir
a
Dieu.
Mais
de
nostre
coste
nous
sommes
beaucoup
plus
insupportables,
quand
nous
abuserons
du
loisir
que
Dieu
nous
donne.
Si
nous
sommes
en
liberte,
que
rien
n'empesche
que
nous
n'ayons
la
religion
pure
et
nette.
Car
en
sa
parolle
il
s'offre
a
nous
iournellement.
Et
pourtant
gardons-nous
de
plus
vaguer
en
nos
cerveaux,
mais
tenons-nous
en
ceste
bride-la:
puis
que
Dieu
nous
a
donne
repos,
suyvons
ce
qu'il
nous
monstre,
et
n'attentons
rien
qui
soit.
Or
nous
voyons
le
contraire:
car
il
adviendra
souventesfois
quand
les
hommes
sont
en
repos,
que
nul
ne
les
trouble,
ni
moleste,
qu'ils
se
voudront
alors
esgayer
comme
un
cheval
eschappe,
quand
il
n'a
plus
ne
bride
ne
selle:
et
l'experience
est
trop
commune,
que
ceux
ausquels
Dieu
a
fait
la
grace
d'avoir
sa
verite
toute
asseuree,
ils
penseront
de
mieux
valoir,
d'estre
ceci
pour
se
gouverner
en
telle
sorte,
et
pour
changer
en
tel
estat:
et
que
sera-ce
de
cela?
Voila
une
rage
diabolique
qui
nous
transporte,
quand
nous
ne
pouvons
pas
estre
paisibles,
lors
que
Dieu
nous
a
donne
repos,
qu'il
tient
nos
enne-
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