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SERMON
LXXXII.
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paisse,
non
seulement
de
ces
viandes
corruptibles:
mais
qu'il
nous
nourrisse
tellement
a
soy,
que
nous
ayons
une
vie
commune
avec
luy.
LE
TROISIESME
SERMON
SUR
LE
CHAP.
XII.
V.
8-14.
DU
LUNDI
7E
D'OCTOBRE
1555.
Combien
que
desia
Moyse
est
tenu
ce
propos
par
ci
devant,
ce
n'est
pas
sans
cause
qu'il
y
retourne,
pour
le
mieux
confermer.
Car
comme
nous
avons
dit,
les
hommes
voudront
tousiours
passer
mesure,
et
ne
peuvent
aucunement
s'assuiettir
a
Dieu
pour
ne
rien
attenter
outre
sa
parolle.
Notons
bien
donc
que
Dieu
ne
s'est
point
contente
de
dire
pour
un
coup,
qu'on
se
gouvernast
selon
sa
bouche,
et
son
ordonnance:
mais
il
a
reitere
plusieurs
fois
ceste
doctrine,
afin
qu'on
y
prinst
garde
tant
mieux,
et
qu'elle
fust
observee.
Et
pource
que
le
peuple
n'avoit
point
encores
la
Loy
escrite
quant
aux
ceremonies,
notamment
il
est
dit:
Vous
ne
ferez
pas
comme
auiourd'huy.
Car
il
falloit
que
le
peuple
se
reprimast
selon
qu'il
avoit
la
doctrine.
Mais
pour
mieux
comprendre
ce
passage,
en
premier
lieu,
on
pourroit
demander
si
le
peuple
a
sacrifie
pour
un
temps
du
tout
a
son
appetit,
sans
avoir
reigle,
sans
estre
certains
de
ce
que
Dieu
requeroit
ou
approuvoit.
La
response
a
cela
est,
que
tousiours
le
peuple
a
eu
quelque
adresse,
et
que
la
bride
ne
luy
a
pas
este
si
fort
laschce,
qu'il
ne
seust
comment
il
falloit
sacrifier.
Et
de
faict,
nous
oyons
ce
que
dit
l'Apostre
aux
Hebrieux,
que
depuis
Abel
iamais
il
n'y
a
eu
sacrifice
approuve
que
paV
foy.
Or
la
foy
emporte
avec
soy
obeissance:
si
les
hommes
se
gouvernent
a
l'aventure,
il
n'y
a
point
de
foy
en
eux.
Or
notamment
l'Apostre
dit
que
les
sacrifices
d'Abel
ont
este
agreables
a
cause
de
la
foy:
il
sensuit
donc
que
tousiours
Dieu
a
monstre
sa
volonte
aux
fideles,
qu'ils
n'ont
point
chemine
en
confus,
mais
qu'ils
ont
eu
une
certitude
telle
qu'il
estoit
requis.
Et
de
faict,
quand
Moyse
recite
en
Genese
que
Noe
a
sacrifie
a
Dieu
des
bestes
pures,
desia
il
falloit
bien
qu'il
y
eust
quelque
discretion:
car
ce
n'estoit
pas
a
luy
d'inventer
en
son
cerveau
quelles
bestes
estoyent
pures:
il
falloit
donc
que
Dieu
luy
eust
imprime
cela,
et
tousiours
cest
ordre
est
demeure.
Ainsi
il
est
bien
certain
que
iamais
le
peuple
n'a
eu
une
telle
liberte,
ne
si
desordonnee,
qu'il
ne
cogneust
quel
estoit
le
vray
moyen
de
servir
a
Dieu.
Il
est
aussi
exprime
en
Moyse,
qu'Abraham
enseignera
sa
lignee
aux
iugemens,
droictures,
et
ordonnan-
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