27:162 Dieu purement, se tenir a luy, et s'humilier sous sa parolle: et pourtant il faut qu'ils soyent mis en sens reprouve, et que Dieu leur lasche la bride, pour n'avoir plus ni honnestete humaine, ni rien qui soit. Apprenons donc non seulement de cognoistre que les Papistes sont povres, et miserables creatures, et de les condamner en toutes leurs follies, et superstitions: mais quand Dieu nous rappelle a soy, que nous soyons prests de venir: et sachons, quand il nous a fait la grace de nous instruire en la droite religion, et en la doctrine de son Evangile, qu'il nous monstre en cela que c'est luy seul que nous devons adorer. Voila en somme ce que nous avons a retenir, en attendant que le reste se deduise plus a plein. LE DEUXIESME SERMON SUR LE CHAP. XII. V. 3.7. DU MEROREDI 2^ D'OCTOBRE 1555. Il y a deux parties en la doctrine que nous avon recitee. L'une c'est, que Dieu veut qu'on extermine tout ce qui aura servi aux idoles : et le fait pour bonne raison, a cause qu'il voit la fragilite des hommes: cependant que nous avons quelque petite occasion, nous sommes tantost seduits. Car l'idolatrie est tellement enracinee en nos esprits, qu'il nous en faut quasi retirer par force: que sera-ce donc quand nous y serons attirez? Ainsi notons bien, que pour servir a Dieu, d'autant que nous sommes enclins a superstition, qu'il nous faut oster tout ce qui nous peut divertir du droit chemin, et de la simplicite que Dieu nous commande. Et les hommes ne peuvent estre trop sur leur garde en ceci. Ii est vray que plusieurs cuident estre tant habiles, qu'encores qu'ils s'enveloppent parmi les superstitions des incredules, qu'ils n'en seront point entachez. Mais Dieu est plus sage que nous. Et ainsi retenons ceste lecon qu'il nous monstre, c'est qu'il nous faut estre separez de toutes les superstitions des Payens et incredules: autrement que son service sera incontinent corrompu entre nous. Mais pource que desia nous avons declaire ceste partie, ie n'y insiste pas longuement. Venons a ce que Moyse adiouste, c'est: Qu'on ne face point ainsi a Dieu. Or par ce mot il entend qu'il ne faut pas que les Iuifs redressent en l'honneur du Dieu vivant les autels, les chappelles, et toutes les autres ordures qu'ils avoyent demolies. Comme s'il disoit: Dieu ne veut point estre servi a la guise des idoles: et pourtant ne regardez point a ce que les Payens ont fait, pour les enl l