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SUR
LE
XII.
CHAP.
DE
DANIEL.
162
Comment
donc
est
il
dit
en
ce
passage
que
le
prophete
Daniel
a
oy
et
qu'il
n'a
pas
entendu?
il
est
bien
certam
qu'il
estoit
attentis,
qu'il
ne
demandoit
sinon
d'estre
la
enseigne,
comme
aussi
voila
les
deux
choses
qui
sont
requises,
si
nous
voulons
que
Dieu
nous
declare
sa
volonte
c'est
en
premier
lieu,
que
nous
ne
soions
point
nonchallans
mais
que
nous
ayons
les
aureilles
dressees,
que
nous
soyons
diligens,
que
nous
recevions
la
parolle
de
Dieu,
et
que'
nous
en
facions
fruit
comme
elle
est
utile.
Et
puis
que
nous
escoutions
Dieu
parler
avec
crainte
et
reverence:
tout
cela
ha
este
au
prophete
Daniel,
et
neantmoins
il
n'a
pas
entendu
comme
il
le
declare
ici.
Or
notons
quand
Dieu
proteste
que
ce
n'est
point
en
vain
qu'il
parle
et
qu'il
ne
veut
point
frustrer
ceux
qui
demandent
d'estre
instruis
par
sa
bouche,
qu'il
ne
s'oblige
point
par
cela
de
nous
donner
pleine
et
parfaitte
intelligence
de
toutes
choses,
des
le
premier
iour,
car
il
faut
que
la
foy
ait
ses
degres.
Ainsi
donc
Dieu
enseignera
les
siens,
mais
ce
n'est
pas
a
dire
que
du
premier
iour
il
les
illumine,
et
qu'ils
connoissent
en
perfection
tout
ce
qui
est
requis,
nenni
non,
mais
il
leur
donne
telle
mesure,
qu'il
connoist
estre
bon
pour
leur
salut,
il
les
conduit
comme
en
un
chemin,
il
les
avance
de
iour
en
iour,
tellement
qu'ils
apercoivent
qu'il
se
rend
plus
familier
a
eux,
en
la
fin
ii
les
ameine
en
leur
perfection,
mais
c'est
en
les
tirant
de
ce
monde.
Voila
aussi
comme
S.
Paul
en
parle
au
quatrieme
des
Ephesiens,
car
il
dit
que
si
nous
profitons
en
la
parole
de
Dieu,
comme
nous
devons,
que
ce
sera
pour
n'estre
plus
deceus
ne
trompes,
pour
n'estre
point
pipes
des
hommes,
ne
par
les
astuces
de
Sathan,
que
nous
serons
tout
asseures
a
l'encontre
de
toutes
telles
machinations,
mais
si
faut
il
que
nous
marchions
plus
outre
tous
les
iours
iusques
a
ce
(dit-il)
que
nous
vestions
Iesus
Christ,
que
nous
parvenions
tellement
en
a^ge
d'homme,
qu'en
la
fin
nous
soions
pleinement
unis
a
luy
par
foy,
et
que
de
la
foy
nous
soions
amenes
a
cette
revelation
qui
nous
est
promise,
c'est
a
dire
que
nous
voions
face
a
face,
ce
que
maintenant
nous
ne
voions
sinon
que
comme
par
un
miroir.
Voila
donc
comme
nous
profiterons
en
l'escriture
saincte,
quand
Dieu
nous
aura
enseigne,
ce
n'est
pas
a
dire
que
du
premier
coup
nous
entendions
tout
ce
qu'il
faut
entendre
que
rien
ne
nous
faille,
mais
pource
que
Dieu
nous
conduit
comme
par
un
chemin,
il
s'accommode
et
se
rend
plus
familier,
iusques
a
ce
que
le
temps
de
perfection
soit
venu.
Or
tant
y
ha
qu'a
l'exemple
du
prophete
Daniel,
il
faut
que
nous
soions
attentifs,
et
que
nous
escoutions
Dieu
en
ce
qu'il
nous
monstre
par
sa
parole,
et
puis
avons
nous
fait
cela,
ne
doutons
point
que
Dieu
ne
besongne
tellement
que
nous
Calvini
opera.
Vol.
XLII.
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