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SUR
LE
DEUTER.
CHAP.
XII.
162
brouille.
Voila
pourquoy
Moyse
commence
par
ce
bout.
Mais
il
adiouste
que
ce
n'est
point
assez
d'avoir
deffriche
une
terre,
sinon
qu'on
la
cultive,
et
qu'on
la
seme,
afin
qu'elle
fructifier
car
autrement
elle
demeurera
la
toute
seiche.
Et
qu'auraon
gagne
donc
d'en
avoir
arrache
les
ronces,
et
les
espines
qui
y
estoyent
auparavant?
Voila
ce
qui
nous
est
monstre.
Or
en
premier
lieu
notons,
que
c'est
une
pure
mocquerie
quand
on
voudra
proposer
la
parolle
de
Dieu,
sans
corriger
les
vices
qui
sont
contraires
a
la
droite
religion.
Comme
auiourd'huy
on
trouvera
en
la
Papaute
de
ceux
qui
nagent
entre
deux
eaux,
de
ces
caphards
qui
auront
bien
quelque
goust
de
l'Evangile;
or
il
est
vray
qu'ils
se
vanteront
de
prescher
la
pai-olle
de
Dieu.
Mais
comment
est-ce?
Ils
verront
le
povre
monde
si
aveugle,
et
si
abruti
que
rien
plus,
qu'il
ne
sera
question
que
de
s'amuser
aux
idolatries,
et
superstitions:
cependant
ce
leur
sera
assez
de
dire:
II
y
a
un
Dieu
qu'il
nous
faut
adorer.
Encores
n*oseront-
ils
pas
dire
qu'il
le
faille
adorer
seul:
mais
adorons
Dieu,
disent-ils.
Et
les
Payens
n'en
dirontils
pas
autant?
Les
Papistes
mesmes
ne
l'ont-ils
pas
tousiours
dit?
Apres
ils
diront:
Nous
avons
Iesus
Christ
pour
nostre
advocat:
mais
ils
verront
qu'on
le
laisse
la
derriere,
et
qu'on
trotte
apres
les
patrons
que
le
monde
s'est
forge
ca
et
la,
et
mesmes
ils
entretiendront
le
povre
monde
en
telles
abusions,
mesmes
ils
feront
accroire
(comme
traistres
a
Dieu,
et
a
son
Eglise)
que
ce
n'est
point
mal
fait
de
communiquer
a
toutes
les
abominations
qui
s'y
commettent.
Or
nous
voyons
l'intention
de
Dieu
toute
contraire.
Car
Moyse
ne
dit
pas
seulement:
Vous
servirez
au
Seigneur
vostre
Dieu:
mais
devant
que
venir
la:
Vous
demolirez
les
autels,
vous
briserez
les
marmousets,
vous
bruslerez
'les
bois,
et
raclerez
tout
ce
qui
a
servi
a
mal,
ils
faudra
que
tout
cela
soit
aboli.
Et
pourquoy?
Car
si
le
peuple
fust
demeure
en
telles
infections,
il
estoit
impossible
que
Dieu
fust
adore
purement.
Ce
n'est
point
donc
assez
qu'on
donne
quelque
goust
de
la
verite
de
Dieu:
mais
si
nous
voyons
que
les
mensonges
ayent
encores
la
vogue,
il
faut
que
cela
soit
retranche,
qu'on
crie
a
l'encontre,
qu'on
reforme
les
hommes,
qu'on
les
retire
au
bon
chemin,
et
qu'on
ne
les
souffre
plus
d'ainsi
errer.
Mais
cependant
aussi
apprenons,
que
quand
on
crie
ontre
les
superstitions,
il
n'en
faut
point
demeurer
la:
mais
que
sur
tout
il
faut
venir
au
restablissement
du
service
de
Dieu
:
comme
Moyse
en
parle.
Car
voila
qui
est
cause
qu'auiourd'huy
il
y
a
tant
d'Epicuriens
au
monde,
et
de
gens
qui
ressemblent
plustost
des
porceaux,
et
des
bestes
brutes,
que
des
creatures
humaines.
Et
pourquoy?
Ils
sont
contens
de
se
mocquer
de
toutes
les
sottises,
et
ignorances
des
incredules:
mais
ils
n'ont
iamais
cogneu
que
c'est
d'adorer
Calvini
opera.
Vol
XXVII.
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