|
42:155
155
SERMON
XLVI.
156
quer
ceci
a
son
profit
selon
sa
portion
et
mesure,
que
faut
il
donc?
En
premier
lieu
notons,
que
cependant
que
nous
aurons
a
vivre
en
ce
monde,
qu'il
faudra
que
nous
soions
fasches
et
tourmentes,
maintenant
d'une
sorte,
maintenant
de
l'autre,
qu'un
chacun
donc
des
fideles
face
son
compte
et
qu'il
se
prepare
d'endurer,
iusques
a
la
mort,
car
nostre
repos,
n'est
point
ici
bas,
chacun
aura
il
regarde
a
soy?
Si
nous
iettons
puis
apres
la
veue
sur
toute
l'Eglise,
et
que
nous
voions
que
Dieu
permette
qu'on
face
beaucoup
de
troubles,
et
beaucoup
de
molestos
aux
siens,
et
bien
il
faut
qu'ainsi
soit,
et
non
pas
pour
un
an
ne
pour
deux,
mais
iusques
a
ce
que
le
temps
soit
accompli,
car
sous
ce
mot
d'an,
comme
i'ai
desia
declare,
l'escriture
saincte
entend
un
long
terme
qui
n'est
pas
si
tost
passe:
si
cela
estoit
bien
imprime
en
nos
coeurs,
nous
ne
serions
pas
si
impatiens
pour
nous
destourner
de
la
foy,
car
qui
est
cause
qu'il
y
en
ha
si
peu
qui
perseverent
en
l'obeissance
de
Dieu,
c'est
pource
qu'ils
voient
que
la
condition
des
Chrestiens
est
miserable,
chacun
voudroit
triompher,
chacun
voudroit
voir
un
regne
de
Iesus
Christ,
plein
de
delices,
et
de
voluptes:
au
contraire
quand
nous
voions
que
Dieu
assuiettist
les
siens
en
ce
monde,
a
beaucoup
de
miseres
et
de
pauvretes,
o!
il
n'y
ha
celuy
qui
appete
d'en
estre,
tant
y
ha
neantmoins
que
comme
dit
sainct
Paul,
il
faut
que
les
Chrestiens
soient
comme
moutons
qu'on
meine
a
la
boucherie,
qu'ils
aient
tousiours
le
couteau
sur
la
gorge,
et
si
Dieu
leur
donne
quelque
relasche,
si
est-ce
neantmoins
que
toute
leur
vie
(cependant
qu'ils
vivent
en
ce
monde)
n'est
sinon
comme
une
figure
de
mort.
D'autant
plus
devons
nous
bien
pratiquer
cette
doctrine,
et
la
mediter
mesmes
devant
le
coup
a
fin
que
nous
en
soions
armes,
et
que
le
diable
ne
nous
prenne
point
au
despourveu,
que
nous
ne
soions
point
desarmes
quand
il
nous
viendra
assaillir,
il
est
vray
que
si
nous
sommes
assaillis
que
nous
soions
affliges
en
beaucoup
de
sortes,
Dieu
nous
ha
desia
advertis
qu'il
veut
et
ordonne
qu'ainsi
soit,
mais
si
faut
il
que
nous
recevions
la
consolation
quant
et
quant,
comme
elle
est
ici
adioustee,
c'est
a
scavoir
quand
Dieu
expose
les
siens,
et
qu'il
les
assuiettist
a.
beaucoup
de
miseres
et
de
calamites,
qu'il
ne
laisse
pas
pourtant
de
les
attirer
a
soy,
et
cela
mesme
est
le
moien
par
lequel
il
les
fait
venir
a
cette
gloire
qu'il
leur
ha
promise,
et
qui
leur
est
apprestee
au
ciel.
Il
faut
donc
que
cette
consolation
ici
soit
bien
notee
de
nous,
quand
il
est
dit,
qu'apres
que
l'Eglise
aura
accompli
un
terme,
que
les
afflictions
auront
este
prolongees,
qu'en
la
fin
Dieu
y
prouvoira
en
telle
sorte
que
nous
viendrons
a
la
moitie
du
temps,
c'est
a
dire
que
nous
sentirons
que
les
afflictions
de
l'Eglise
seront
temporelles,
et
tellement
temporelles
que
|