|
58:147
147
DIXIEME
SERMON
148
auparavant:
afin
qu'ils
fussent
retenus,
et
qu'ils
ne
persistassent
point
en
telles
iniures.
C'est
donc
en
somme
ce
que
nous
avons
a
retenir
de
ce
passage.
Et
ceste
regle
est
bien
necessaire
:
car
souvent,
quand
les
hommes
sont
reconciliez
l'un
avec
l'autre,
il
faut
avoir
la
bouche
close,
et
il
n'y
aura
autre
moien:
et
celui
encore
qui
aura
le
plus
grand
tort,
il
faudra
qu'il
ait
plus
de
licence
et
plus
d'audace
a
se
vouloir
iustifier,
et
a
vouloir
faire
accroire
que
l'agneau
a
trouble
l'eau.
Notons
bien
donc,
quand
quelcun
aura
fait
iniure
a
son
prochain,
s'il
ne
vient
point
poursuivre
ses
querelles
particulieres
si
fort
qu'il
s'arreste
du
tout
a
cela,
il
sera
bon
que
chacun
soit
adverti,
et
que
celui
qui
a
tort
le
cognoisse,
qu'il
le
confesse
et
qu'il
soit
humilie:
mais
cependant
nous
voions
que
cela
n'a
pas
beaucoup
profite
:
tant
y
a
neantmoins
qu'Isaac
ne
poursuit
point
iusques
au
bout,
encore
qu'il
void
que
son
admonition
ne
soit
pas
receue,
et
qu'elle
ne
touche
pas
les
coeurs
de
ceux
ausquels
il
parle:
quoy
qu'il
en
soit
il
ne
se
despite
point
a
rencontre.
Mesme
voici
Abimelech
qui
dit,
Selon
que
nous
savons
este
amis,
et
que
nous
ne
savons
point
fait
de
mai,
aussi
iure-nous
que
tu
riattenteras
rien
a
rencontre
de
nous.
Non
seulement
Abimelech
couvre
le
mal
qu'il
a
commis
et
se
veut
excuser:
mais
il
se
vante
d'avoir
tres-bien
fait
son
devoir
envers
Isaac:
et
c'est
la
facon
commune
(ainsi
que
nous
avons
dit):
car
il
n'y
a
rien
plus
difficile
a
l'homme,
que
de
se
condamner,
encore
qu'il
se
sente
coulpable
:
on
arrachera
plustost
toutes
autres
choses,
que
ceste
humilite,
qui
est
toutefois
un
signe
requis
a
vraye
repentance.
Car
si
un
homme
sent
qu'il
ait
defailli,
et
peut
avoir
repentance,
il
faut
qu'il
proteste
estre
coulpable
devant
Dieu,
et
aussi
envers
son
prochain,
quand
il
sera
requis.
Et
voila
pourquoy
aussi
nostre
Seigneur
Iesus
Christ
nous
exhorte,
si
nous
avons
querelle
contre
nos
prochains,
c'est
a
dire
que
nous
les
ayons
offensez,
de
plustost
laisser
nos
sacrifices
a
l'autel,
pour
venir
cercher
appointement,
que
de
nous
flatter
et
nous
endurcir,
mesprisans
ceux
ausquels
nous
sommes
obligez.
Or
il
parle
du
temps
des
sacrifices:
mais
c'est
autant
comme
s'il
disoit
que
nous
ne
pouvons
prier
Dieu,
et
ne
pouvons
rien
faire
qui
lui
soit
agreable
cependant
que
nous
desdaignons
de
reparer
les
fautes
que
nous
avons
commises.
Or
combien
que
Dieu
nous
commande
si
estroitement
de
nous
humilier
si
nous
avons
failli,
si
est-ce
que
nul
ne
peut
venir
a
ceste
raison:
et
il
nous
est
ici
monstre
assez
en
la
personne
d'Abimelech
et
de
ses
compaignons.
Car
les
hommes
sont
aveuglez
et
de
l'amour
d'eux-mesmes,
et
d'orgueil
et
de
fierte,
en
sorte
|