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DE
IACOB
ET
ESAU.
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encore
esmeues
d'un
coste
et
d'autre.
Notons
bien
donc,
quand
on
nous
fera
quelque
exces,
et
que
la
ou
nous
aurons
cerche
de
faire
plaisir
et
service
a
chacun
que
nous
serons
piquez
et
tourmentez,
que
cela
se
fait
par
la
volonte
de
Dieu,
lequel
veut
que
nous
bataillions,
non
point
en
mal-faisant,
ne
rendant
mal
pour
mal
:
mais
possedans
nos
ames
en
patience,
comme
aussi
nostre
Seigneur
Iesus
Christ
nous
y
exhorte.
Et
aussi
a
l'opposite,
quand
nous
verrons
les
hommes
nous
estre
favorables,
et
n'intenter
nulle
querelle
ne
riote,
cognoissons
que
Dieu
a
pitie
de
nous,
et
qu'il
gouverne
ses
creatures,
et
les
conduit
a
telle
fin
que
bon
lui
semble.
Et
ainsi
prions
Dieu
toutefois
et
quantes
que
nos
ennemis
usent
de
cruaute
envers
nous
et
que
nous
ne
les
pouvons
gagner
en
facon
que
ce
soit,
pour
quelque
moderation
que
nous
usions,
qu'il
lui
plaise
y
mettre
la
main,
sachans
que
ceux
qui
sont
loups
il
les
peut
convertir
en
brebis
quand
il
lui
plaira.
C'est
ce
que
nous
avons
a
retenir
en
premier
lieu
de
ceste
hi&toire.
Or
il
est
dit
qu'Isaac
parle
assez
rudement
ee
premiere
entree:
Que
veneg-vous
faire
vers
moy
?
Vous
me
haisseg
:
et
mesme
vous
m'avez
dechasse
du
milieu
de
vous.
Nous
verrons
par
la
procedure,
qu'Isaac
n'a
point
nourri
en
son
coeur
un
venin,
ni
amertume,
ni
appetit
de
vengeance:
car
il
a
este
tantost
appaise:
et
quand
il
reproche
a
Abimelech,
et
a
toute
sa
suite,
qu'ils
l'ont
hai
et
l'ont
persecute
:
ce
n'est
pas
par
forme
d'iniure,
ainsi
que
nous
avons
accoustume
de
faire.
Car
si
on
nous
a
fait
quelque
ennui,
ou
quelque
tort,
nous
aiguisons
nos
langues
a
mesdire
et
detracter:
il
n'y
a
que
haines,
contentions
et
blasmes:
bref,
si
nous
pouvions
descirer
par
pieces
ceux
qui
nous
ont
fasche
nous
le
ferions
volontiers.
Et
c'est
ce
que
dit
Salomon,
Que
la
haine
descouvre
les
reproches,
les
blasmes
et
les
iniures.
Quand
donc
les
coeurs
sont
ainsi
enflammez,
il
est
impossible
qu'aussi
les
langues
ne
se
desbordent
pour
s'outrager
l'un
l'autre.
Or
Isaac
n'y
procede
point
de
telle
facon
:
mais
nous
avons
a
noter,
quand
nous
serons
patiens,
que
cela
n'empesche
pas
que
nous
n'ayons
liberte
de
remonstrer
a
ceux
qui
ont
failli
le
tort
qu'ils
nous
font,
et
leur
faire
sentir
leur
offence:
afin
que
le
tout
leur
profite.
Il
est
vray
qu'ici
il
nous
faut
bien
examiner
quelle
est
nostre
affection:
car
il
est
bien
difficile,
et
c'est
une
chose
fort
rare,
qu'un
homme
qui
aura
este
offence,
ne
soit
esmeu
de
quelque
passion,
et
qu'il
ne
poursuive
tousiours
sa
cause
particuliere.
Et
pourtant
i'ay
dit,
qu'il
nous
faut
entrer
en
nous,
et
regarder
bien
si
nous
ne
sommes
point
esmeus
de
vengeance
ni
entachez
d'aucune
haine
ni
rancune:
quand
nous
aurons
cognu
cela,
alors
nous
pourrons
avoir
la
Calvini
opera.
Vol.
LVIII.
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