|
58:144
auquel
tend
l'histoire
presente:
car
Moise
veut
monstrer
que
Dieu,
apres
estre
apparu
a
Isaac,
lui
a
encore
declare
sa
faveur
en
ce
que
le
Roy
de
Gerar
est
venu
vers
lui,
et
qu'il
a
cerche
son
alliance
et
son
amitie:
et
en
cela
Isaac
a
este
honore,
et
mesme
ce
lui
a
este
un
grand
avantage,
pource
que
tousiours
il
pouvoit
estre
en
doute,
d'autant
qu'on
lui
avoit
porte
envie
au
pais,
et
qu'il
avoit
este
contraint
de
s'en
retirer,
encore
qu'il
y
eust
vescu
en
toute
humanite
et
douceur.
Il
pouvoit
donc
estre
tousiours
comme
en
suspend,
craignant
la
rage
de
ses
voisins.
Or
Dieu
fait
qu'ils
vienent
a
lui
de
leur
bon
gre,
et
non
seulement
se
monstrent
amis:
mais
le
flattent,
et
craignent
qu'il
ne
leur
nuise:
et
pour
ceste
cause
ils
demandent
qu'il
y
ait
alliance
contractee
entre
eux
avec
serment
solennel.
Or
ici
nous
avons
a
noter
en
premier
lieu
que
Dieu
tient
les
coeurs
des
hommes,
qu'il
amollist
leur
durete
quand
il
lui
plaist,
et
abat
toute
leur
rage,
et
la
convertit
en
humanite:
car
il
est
certain
que
le
Roy
de
Gerar
n'avoit
point
change
de
nature
quand
il
est
venu
a
Isaac:
et
d'autrepart,
s'il
craignoit
Isaac,
il
pouvoit
bien
conspirer
avec
ses
suiets
et
voisins,
et
le
fussent
venu
assaillir
ensemble.
D'autre
coste,
il
n'avoit
point
d'occasion
de
se
douter,
d'autant
qu'Isaac
ne
lui
avoit
point
donne
argument
de
se
defier
de
lui:
plustost
il
s'estoit
porte
en
sorte
qu'il
avoit
bien
monstre
qu'il
ne
demandoit
pas
fascher
aucun
mesme
de
sa
presence
:
car
nous
avons
veu
comme
il
s'estoit
retire
de
leur
compagnie.
Il
faut
donc
que
Dieu
ait
incite
ces
gens
profanes,
a
les
faire
venir
a,
Isaac,
et
se
renger
comme
ils
font,
avec
telle
humilite,
qu'ils
supplient
un
povre
homme
estranger,
lequel
n'avoit
pas
grand
credit
entr'eux,
et
n'avoit
que
sa
famille,
laquelle
il
tenoit
a
part,
sans
donner
aucun
signe
qu'il
voulust
rien
attenter.
Auparavant
Dieu
leur
avoit
lasche
la
bride,
mais
c'estoit
pour
esprouver
la
patience
de
son
serviteur.
Car
quand
on
lui
a
refuse
l'eau,
et
en
la
fin
qu'on
lui
a
dit
qu'il
estoit
le
plus
fort,
qu'on
ne
le
pouvoit
plus
souffrir:
il
n'y
a
doute
qu'alors
Dieu
ne
l'ait
exerce,
pour
voir
quelle
patience
il
y
avoit
en
lui.
Ainsi
Isaac
a
cognu,
que
s'il
eust
pleu
a
Dieu
de
lui
donner
habitation
paisible
en
ce
pais
ou
il
estoit,
qu'il
n'en
fust
bouge:
mais
d'autant
qu'il
void
les
hommes
s'eslever
a
l'encontre
de
lui,
il
sait
que
c'est
comme
son
conge
qui
lui
est
donne
de
Dieu.
Or
maintenant
aussi
a
l'opposite,
il
nous
faut
noter
que
Dieu
les
a
soudain
esmeus
de
venir
vers
Isaac,
et
d'appaiser
et
abolir
toutes
les
inimitiez
et
querelles
qui
pouvoyent
estre
|