27:143 143 SEEMON LXXIX. 144 et douteux, et perplex du salut de nos ames : et neantmoins qu'est-ce que nous devons plus priser?- Mais si est-ce que Dieu est prest de nous asseurer: comme il nous certifie par sa parolle, que nous ne pourrons faillir en luy obeissant. Nous oyons cela: Dieu nous peut-il mentir? Allons donc selon qu'il nous a commande: nous n'en voulons rien faire. Et quefaisons-nousaulieu? Ie pense, ie cuide. Voila ou nous en sommes. Regardons comment en sont les Papistes. Quand il est question de prier Dieu, ils auront bien cela bon, qu'ils cognoissent qu'ils ne sont pas dignes de venir a luy. Il est vray. Mais voici Dieu qui nous donne le remede, c'est que nostre Seigneur Iesus Christ nous sera advocat: et quand il intercedera pour nous, que nous serons receus, et que Dieu exaucera toutes nos prieres. Voila une chose qui nous est toute asseuree par l'Escriture saincte. Or que font les Papistes? Ie ne suis pas digne d'aller a Dieu : et ainsi i'iray cercher la vierge Marie, S. Michel, et S. Pierre : et puis la dessus ils se forgent, et bastissent encores des saincts a leur poste. Et comment? Nous estions asseurez que nostre Seigneur Iesus Christ ne nous deffaudra point: puis que cest office luy est donne de Dieu son Pere, il s'en acquittera: que n'allons-nous donc droit a luy? Car il nous sera une bonne adresse: il nous dit: Venez a moy: il nous convie tant doucement. Et puis nous avons des promesses infinies, que quand nous serons venus a luy, nous ne serons point frustrez de nostre attente: et sur cela nous-nous arresterons a nostre cuider, pour dire: II me semble qu'il sera bon d'aller a S. Michel, ou a nostre dame. Nous venons donc reietter la certitude que Dieu nous donnoit, pour prendre une chose incertaine : autant en est-il de tout le reste. Car en servant a Dieu selon sa Loy, nous sommes asseurez que cela luy sera agreable. Les Papistes iront inventer ceci et cela, et delaisseront la Loy de Dieu: ne est-ce pas suyvre l'incertain, et ce qui estoit certain le reietter? Et cela est contre nature. Ainsi on voit que nous sommes aveuglez de Satan, et que nostre malice est monstrueuse. Car nous avons tout le contraire en nous de nature. Nous saurons bien dire: Ie voudroye estre asseure, et nous fait mal d'aller a l'aventure: et en ceci nous sommes si enragez, qu'on ne nous peut tenir, ni a chordes, ni a chaines. Quand i'ay allegue ces exemples, c'est pour monstrer comme nous devons prattiquer ceste doctrine: car en tout et par tout on trouvera que les hommes se sont alienez de Dieu a leur escient. Et pourquoy? Car quand Dieu s'est manifeste a eux, ils n'ont daigne se tenir a luy: mais plustost se sont amusez a leurs songes, et a leurs resveries. Il est vray qu'ils diront bien : Nous savons qu'il y a un Dieu createur du ciel et de la terre: mais cependant ils se bastissent une