31:14 14 IEHAN CALVIN AUX FIDELES ET DEBONNAIRES LECTEURS, SALUT. Si la lecture de ces miens Commentaires apporte aussi grand avancement a l'Eglise de Dieu comme i'y ay senti de proufit en mon endroit en les escrivant, ie n'auray point d'occasion de me repentir d'avoir entreprins ce labeur : combien qu'ayant expose yci en nostre petite eschole le livre des Pseaumes trois ans auparavant, ie pensoye m'estre suffisamment acquitte par ce moyen, et avoye delibere de ne publier point plus loin ce que i'avoye traitte priveement entre ceux avec lesquels ie converse. Et de faict, avant que i'entreprinsse d'exposer ce livre en mes lecons a la requeste de mes freres, i'avoye dit (ce qui estoit vray) que ie m'en deportoye, pour autant que Martin Bucer tresfidele docteur de l'Eglise de Dieu y avoit besongne en tel scavoir, diligence et fidelite, et si bien rencontre, que pour le moins il n'estoit pas si requis que i'y misse la main. Et quant aux Commentaires de Wolphgangus Musculus, si lors ils eussent desia este mis en lumiere, ie n'eusse pas voulu oublier a en faire mention par mesme moyen, veu que luy aussi, au iugement des gens de bien, a acquis grand' louange en cest endroit par sa diligence et industrie. Or n'estoy-ie pas encore venu a la fin du livre, que me voyci solicite par nouvelles prieres, que ie ne permisso point que mes lectures lesquelles certains personnages avoyent recueillies proprement et fidelement, non sans grand labeur, veinssent a estre perdues. De moy, ie persiste en mon propos, promettant seulement ce que de long temps i'avoye eu en fantasie T ascavoir quo i'y escriroye quelque chose en Langue Francoise, afin que les gens de nostre nation ne fussent desprouveus d'aide, pour bien entendre un livre si utile en le lisant. Quand ie veux commencer a y besongner, soudain contre