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SUR
LE
DEUTER.
CHAP.
XL
130
toau
sur
la
gorge
de
ses
enfans,
que
nul
n'eust
ose
lever
un
petit
doigt
a
l'encontre
d'eux:
quand
ils
cuident
avoir
tout
gagne,
on
voit
comme
ils
sont
abbatus
et
descouragez,
ils
sont
en
crainte
et
perplexite,
ils
sont
tellement
estonnez,
qu'ils
ne
savent
que
faire,
ne
que
devenir.
Il
est
vray
qu'ils
ont
bien
les
moyens
en
main
(comme
nous
avons
dit)
ils
ont
leurs
prattiques,
et
leurs
menees,
qu'on
voit
qu'il
n'y
a
iamais
eu
droicture
ni
loyaute
en
eux:
mais
quoy
qu'il
en
soit,
si
est-ce
que
les
voila
estonnez,
et
se
regardent
les
uns
les
autres,
et
sont
tellement
effrayez
qu'ils
ne
savent
rien
faire.
En
cela
voyons-nous
que
nostre
Seigneur
non
seulement
leur
tenoit
les
mains
liees:
mais
qu'il
leur
a
oste
le
courage,
qu'il
les
a
desproveus
de
conseil
et
de
raison,
qu'ils
ont
este
hebetez
en
telle
sorte
qu'il
y
a
eu
moins
de
iugement
en
eux
que
en
des
petits
enfans,
ou
en
des
bestes
mesmes.
Voila
donc
une
belle
approbation
de
ce
qui
est
ici
promis:
que
si
nous
faisions
a
Dieu
l'honneur
qui
luy
appartient,
nous
serions
plus
arrestez
en
sa
protection,
pour
cheminer
tousiours,
voire
en
nous
gardant
de
nous
fourvoyer.
Or
advisons
bien
a
ce
que
i'ay
dit,
que
ceux
qui
s'esgarent
ainsi,
et
qui
se
desbauchent,
qu'ils
n'ont
plus
la
garde
que
nostre
Seigneur
leur
avoit
promise
:
car
a
leur
escient
ils
s'en
vont
ietter
comme
en
proye.
C'est
donc
bien
raison
que
Dieu
les
delaisse,
et
qu'ils
se
sentent
la
prins
au
desproveu.
Mais
si
nous
cheminons
en
humilite,
et
que
nous
demandions
d'estre
tousiours
conduits
de
la
main
de
nostre
Dieu:
mettons
hardiment
nostre
fiance
en
luy,
et
nous
serons
tousiours
maintenus:
combien
que
les
hommes
ayent
la
gueule
ouverte
comme
des
lions,
combien
que
nous
n'ayons
pas
dequoy
leur
resister,
si
est-ce
que
Dieu
sera
suffisant
pour
les
repousser.
Nous
aurons
a
batailler,
mais
au
milieu
du
combat
nous
serons
soustenus,
ainsi
que
Dieu
l'a
promis:
et
cela
nous
sera
une
forteresse
invincible.
C'est
ce
que
nous
avons
a
retenir
de
ce
passage.
Et
mesmes
notamment
Moyse
dit
:
Gens
qui
sont
plus
forts
que
vous,
et
plus
robustes:
afin
que
nous
ne
facions
point
comparaison
de
ce
qui
nous
est
apparent,
pour
conclurre
que
Dieu
nous
aidera,
s'il
y
a
quelque
moyen
naturel,
s'il
y
a
entree
humaine.
Non,
il
n'en
faut
point
la¡í
venir:
mais
cognoissons
qu'il
a
une
puissance
infinie.
Nous
luy
faisons
donc
grande
iniure,
quand
nous
restraignons
sa
vertu
ace
que
nos
sens
peuvent
apprehender:
mais
quand
nos
ennemis
seront
beaucoup
plus
forts
et
robustes
que
nous,
quand
il
semblera
que
desia
nous
soyons
prests
d'estre
foullez
a
leurs
pieds,
cognoissons
que
c'est
alors
que
Dieu
monstrera
sa
vertu
pour
nous
secourir.
Et
ainsi,
marchons
hardiment,
voire
moyennant
qu'il
n'y
ait
nulle
presomption
en
nous,
et
qu'aussi
nous
ne
soyons
point
rebelles
Calvini
opera.
Vol
XXVII.
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