20:129 129 1563 AUGUST. 13a 4003. CALVIN A MADAME DE COLIGNY. Apres une grave maladie de la dame. (Copie ancienne Bibi. de Geneve. Vol. 107, fol. 164 Vol. 119, f. 59. Berne F. 57. Bonnet II. 532. Trad. angi. IV. 331.) A Madame Ladmiralle. Madame, ce que ma lettre vous fust envoiee sans y avoir mis le nom nadvint pas tant par ma sottise ou nonchalance, que par la trop grande hatifvete de Monsieur de Beze, lequel les print de moy estant malade, et sans regarder sil y avoit nom ou dacte du iour il les ferma et mit au pacquet. Mais cest bien assez que vous aiez devine de qui elles estoient venues car ma main ny eust gueres adiouste de grace. Tant y a quune aultre fois ie y veilleray de plus pres. Au reste, Madame, ie rens graces a Dieu de ce quil vous a remise en convalescence dun mal qui estoit bien a craindre comme mortel. Combien que ie naye point este en soucy pour ce danger particulier. Toutesfois ie nay point laisse davoir eu memoire de vous, car cest bien raison que tant Monseigneur ladmirai que vous soiez recommandez a tous vrais serviteurs de Dieu, au nombre desquelz iespere davoir lieu combien que ien sois plus que indigne. Vous scavez, Madame, comment il nous fault faire nostre profit tant des chastimens que nous recevons de la main de ce bon pere, que du secours quil nous donne en temps opportun. Il est certain que toutes maladies non seulement nous doibvent humilier en nous mectant devant noz yeulx nostre fragilete, mais aussy nous faire entrer en nous mesmes afin quaians congnu nos pouvretes, nous aions tout nostre refuge a sa misericorde. Il y a aussy quelles nous doibvent servir de medecines pour nous purger des affections de ce monde, et retrencher ce qui est superflu en nous, et puis quelles nous sont messages de mort, nous debvons apprendre davoir ung pied leve pour desloger quant il plaira a Dieu. Ce pendant il nous faict gouster sa bonte, toutes fois et quantes quil nous en delivre, comme ce pendant il vous a este utile, Madame, de congnoistre le danger ou vous estiez, et dont il vous a delivree. Il reste que vous concluiez avec St. Paul, Quant nous avons este retirez de plusieurs mors par sa main, quil nous en retirera encores a ladvenir. Et ainsy prenez tant plus de courage pour vous emploier a son service, comme vous considerez tresbien que cest pour cela quil vous a reservee. Je suis tres ioyeux que Monseigneur ladmirai se delibere d'aller en cour a la premiere occasion qui soffrira. Jespere que ce voiage Calvini opera. Vol XX.