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Quand
nous
prescherons
auiourd'hui
de
patience,
a,
grand
peine
pourrons-nous
gagner
ce
poinct,
que
si
nous
avons
quelque
peu
a
endurer,
nous
ne
soions
bien
tost
faschez
et
chagrinez
:
et
quand
il
semblera
que
soions
bien
patiens,
il
y
aura
tousiours
quelque
despit,
sinon
que
Dieu
du
premier
coup
nous
soulage
:
et
cependant,
que
souffrirons-nous
?
Rien,
par
maniere
de
dire.
Si
nous
souffrons
une
chiquenaude,
cela
nous
sera
si
dur
que
rien
plus
:
et
puis
si
on
continue
a
nous
faire
quelque
mal:
Et
c'est
trop
endure.
Or
nous
sommes
bien
loin
de
la
mansuetude
qui
nous
est
ici
monstree
en
nostre
pere
Isaac.
Nous
dirons,
Cela
m'est
insupportable.
Si
on
nous
fait
tort
d'un
sols,
ou
de
quelque
petite
portion
de
nostre
bien:
O,
ie
ne
le
puis
endurer,
c'est
par
trop.
Voire,
mais
Isaac
a
combatu
pour
de
l'eau.
Ie
di
Combatu,
non
pas
qu'il
ait
prins
l'espee
au
poing:
mais
il
a
souffert
iniure
encore
qu'il
eust
cave
un
puits,
et
que
son
pere
l'eust
acquis
de
son
bien
propre,
et
que
le
Roy
lui
eust
ottroye,
et
que
derechef
il
l'ait
cave,
qu'il
ait
beaucoup
travaille
pour
avoir
de
l'eau
a
boire.
Or
combien
que
tout
cela
y
soit,
neantmoins
nous
voions
sa
patience.
Et
ainsi,
quand
Dieu
nous
affligera,
et
qu'il
laschera
la
bride
aux
meschans,
que
nous
serons
pillez
et
gourmandez
d'eux,
sachons
qu'encores
nous
n'en
sommes
pas
venus
iusques
la,
de
n'avoir
point
une
goutte
d'eau,
et
qu'on
nous
retire
les
elemens,
que
Dieu
a
voulu
estre
communs
entre
les
hommes.
Car
chacun
veut
avoir
son
cas
a.
part,
et
de
ble,
et
de
vin,
et
de
chair,
et
de
choses
semblables,
et
de
meuble
et
de
possessions:
chacun
donc
aura
le
sien
propre:
mais
de
l'eau
c'est
un
element
que
Dieu
a
ordonne
a
tous
hommes.
Quand
il
y
a
les
rivieres,
les
puits
et
les
fontaines
en
chemin
public:
pourquoy
est-ce
que
cela
sera
osto
a
ceux
qui
sont
creatures
de
Dieu?
Or,
quoy
qu'il
en
soit
si
a-il
fallu
que
nos
Peres
soyent
venus
en
telle
extremite.
Et
c'est
(comme
i'ay
desia
touche)
a
ce
que
nous
apprenions
d'estre
patiens,
non
pas
seulement
pour
souffrir
quelque
petite
iniure,
ou
deux
ou
trois:
mais
qu'en
tout
et
par
tout
nous
soions
tellement
benins
et
debonnaires,
que
quand
il
seroit
question
de
la
mort,
par
maniere
de
dire,
nous
esperions
que
Dieu
se
monstrera
pitoiable
envers
nous.
Et
pourtant,
que
nous
ne
redoublions
point
le
mal,
que
nous
ne
facions
point
d'un
diable
deux,
quand
les
meschans
et
incredules
nous
persecutent
iniustement
:
mais
que
nous
taschions
a
leur
amolir
le
coeur,
et
adoucir
la
malice
dont
ils
usent
envers
nous.
Quand
nous
en
ferons
ainsi,
il
est
certain,
qu'encores
que
pour
un
temps
nous
soions
en
angoisses
extremes,
en
la
fin
Dieu
nous
eslargira
tellement
que
nous
aurons
dequoy
benir
son
sainct
Nom
a
pleine
bouche.
Or
nous-nous
prosternerons
devant
la
Maieste
de
nostre
bon
Dieu,
en
cognoissance
de
nos
fautes,
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