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HUITIEME
SERMON
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de
prendre
nostre
cause
en
main:
et
ne
doutons
point,
quand
les
hommes
nous
seront
si
inhumains,
qu'ils
ne
feront
que
se
moquer
de
ce
que
nous
leur
avons
remonstre,
que
Dieu
en
la
fin
y
mettra
ordre.
Voila
donc
ce
que
nous
avons
a
retenir
de
l'exemple
d'Isaac,
quand
ii
a
ainsi
appele
les
puits,
Noise,
Riote,
Contention:
car
ce
n'a
pas
este
d'une
colere,
ou
d'un
chagrin:
comme
il
y
en
a
beaucoup
qui
se
revengeront,
et
ietteront
quelque
mot
d'iniure:
mais
Isaac
a
recommande
sa
cause
a
Dieu:
comme
aussi
nous
en
sommes
exhortez
par
saint
Pierre,
que
si
nous
sommes
faschez
du
coste
des
hommes,
et
que
nous
n'y
trouvions
plus
nul
remede,
que
nous
attendions
que
Dieu
y
mette
la
main,
comme
il
le
fera.
Or
en
la
fin
il
est
dit,
Qu'Isaac
ayant
cave
un
puits,
dont
il
n'a
point
este
assailli,
qu'il
Ta
nomme
Rehoboth:
comme
s'il
disoit,
Largesse:
et
mesme
il
met
cela
en
nombre
plurier:
il
ne
se
contente
point
de
dire.
Voici
largesse:
mais
il
dit,
Voici
largesses,
que
Dieu
nous
fait.
Nous
voions
encore
mieux
ce
que
ie
vien
de
toucher
:
C'est
quand
Isaac
a
este
angoisse
iusques
au
bout,
qu'il
n'avoit
point
de
l'eau
a
boire,
que
les
hommes
lui
estoient
si
cruels,
qu'il
ne
pouvoit
pas
boire
l'eau
qu'il
avoit
cavee
a
son
propre
labeur,
et
par
les
mains
de
sa
famille,
qu'il
remet
cela
devant
Dieu,
qui
est
iuste
Iuge.
Or
a
l'opposite
quand
Dieu
a
pitie
de
lui,
et
que
les
hommes
ne
le
vienent
plus
tourmenter,
et
qu'il
a
de
l'eau
a
boire
pour
lui
et
pour
toute
sa
suite:
Et
bien,
c'est
Dieu,
dit-il,
qui
m'a
eslargi.
Il
ne
dit
pas,
O
en
la
fin
i'en
suis
venu
&
bout,
ces
meschans
m'ont
laisse:
maintenant
soions
a
nostre
aise.
Il
ne
parle
pas
simplement
ainsi,
comme
feroit
un
homme
profane:
mais
il
veut
qu'il
y
ait
un
memorial
d'action
de
grace,
comme
il
avoit
mis
les
memoriaux
de
complainte,
pour
induire
Dieu
a
lui
faire
misericorde.
Ainsi,
maintenant
il
veut
que
ce
benefice
de
Dieu
soit
la
engrave,
et
qu'on
en
parle,
non
seulement
pour
trois
iours,
mais
apres
son
trespas
mesme:
et
qu'on
cognoisse
en
ce
puits-la
comme
un
signe
de
la
faveur
que
Dieu
a
monstree
envers
lui.
Et
notons
ceste
circonstance,
car
il
ne
laisse
pas
de
remercier
Dieu
d'un
coeur
paisible,
combien
qu'il
ait
este
longuement
afflige.
Quand
nous
avons
endure
beaucoup,
les
graces
de
Dieu
sont
obscurcies
par
le
sentiment
que
nous
avons
de
nostre
mal:
et
si
Dieu
nous
a
laisse
languir
pour
un
temps,
encor
que
puis
apres
il
nous
tende
la
main,
nous
ne
pensons
pas
que
ce
soit
de
lui,
mais
nous
attribuons
cela
a
fortune.
Or
Isaac
n'en
fait
pas
ainsi
:
mais.
encore
qu'on
Tait
dechasse,
et
qu'il
endure
par
longue
espace
de
temps,
si
tost
que
Dieu
lui
donne
relasche,
il
benit
son
Nom,
et
dit,
Dieu
nous
a
eslargis.
Voila
donc
les
largesses
de
Dieu
que
ie
contempleray
(dit-il)
en
ce
puits.
Or
nous
avons
a
noter
pour
la
fin
quelle
a
este
la
patience
d'Isaac.
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