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SUR
LE
DEUTER.
CHAP.
XI.
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les
dents
aiguisees,
ils
auront
mesmes
les
pattes
quand
Dieu
leur
laschera
la
bride,
qu'ils
seront
plus
cruels
que
lions
et
autres
bestes:
que
nous
demeurions
tousiours
en
cela,
que
nostre
Seigneur
nous
a
prins
en
sa
protection,
et
quoy
que
les
meschans
machinent,
toutesfois
qu'en
la
fin
ils
seront
renversez,
et
que
toutes
leurs
entreprinses
seront
frivoles,
et
inutiles.
Voila
donc
ce
que
nous
avons
a,
retenir.
Mais
cependant
pource
que
nous
pourrions
estre
troublez,
et
effarouchez
tous
les
coups,
voyans
la
vertu
de
nos
ennemis,
voyans
aussi
leur
courage
ainsi
selon
comme
ils
le
monstrent:
recourons
a
ce
qui
nous
est
ici
dit:
c'est
que
Dieu
a
les
coeurs
des
hommes
en
sa
main.
Et
ainsi
quand
il
y
auroit
la
plus
grande
fierte
du
monde,
et
une
audace
telle
qu'elle
seroit
pour
faire
trembler
l'air,
et
le
monde
:
que
nous
sachions
que
nostre
Seigneur
convertira
cela
en
crainte
et
en
frayeur:
que
ceux
qui
ont
voulu
ainsi
estre
redoutez,
en
la
fin
seront
moins
que
des
femmes,
ou
des
petits
enfans.
Et
pourquoy?
Oar
c'est
Dieu
qui
donne
la
vertu
et
constance
aux
hommes:
c'est
luy
qui
l'oste
quand
il
luy
plaist.
Si
donc
nous
avons
ceste
doctrine
bien
persuadee
et
resolue,
que
nostre
Seigneur
tient
les
coeurs
des
hommes
bridez:
nous
ne
douterons
point
qu'il
ne
nous
donne
tousiours
victoire
contre
nos
ennemis:
et
aussi
l'Escriture
insiste
notamment
la
dessus.
Et
afin
que
nous
sachions
que
les
hommes
n'ont
point
une
seule
goutte
de
prouesse
en
eux,
ne
de
vertu,
sinon
entant
que
Dieu
leur
donne,
notamment
Salomon
dit
:
que
les
coeurs
des
Rois
sont
en
la
main
de
Dieu.
Ii
semble
bien
encores
que
tout
le
reste
du
genre
humain
fust
suiet
et
en
bride,
que
les
Rois
sont
exemptez
du
rang
commun
:
car
nul
n'ose
gronder
a
l'encontre
d'eux
:
et
quand
ils
ont
dit
le
mot,
il
faut
qu'il
s'execute.
Il
semble
bien
donc
que
les
voila
eslevez
par
dessus
tout
le
monde.
Voire,
mais
tout
ainsi
que
Dieu
fait
couler
les
rivieres,
et
leur
fait
prendre
leur
cours
ca
et
la,
aussi
il
tient
les
coeurs
des
Rois
en
sa
main,
dit
Salomon:
et
que
sera-ce
donc
de
petits
babouins,
quand
ils
s'esleveront,
et
qu'ils
n'auront
ne
vertu
ne
puissance:
s'ils
nous
menacent,
nous
faut-il
esbahir
pour
cela?
Voila
donc
en
quoy
il
nous
faut
confier:
c'est
que
nous
rendions
a
Dieu
l'honneur
qu'il
sattribue,
c'est
assavoir
de
donner
courage
aux
hommes,
quand
ils
sont
craintifs,
et
d'espouvanter
ceux
qui
avoyent
une
audace,
comme
s'ils
eussent
emporte
la
foudre
avec
eux:
que
Dieu
les
rendra
confus,
en
telle
sorte
qu'ils
ne
sauront
que
devenir,
ils
seront
esperdus,
et
n'y
aura
que
foiblesse
et
timidite
en
eux,
au
lieu
de
la
vaillance
qu'ils
avoyent
monstre
auparavant.
Et
voila
comme
les
fidelles
se
doivent
asseurer.
Car
autrement
que
sera-ce
de
nous?
Quelle
est
nostre
condition?
Comme
i'ay
desia
!
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