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HUITIEME
SERMON
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de
Dieu,
et
qu'ils
ne
peuvent
se
tenir
en
sobriete
ne
modestie,
quand
Dieu
les
esleve.
Or
nous
cognoissons
en
ceci
combien
nous
sommes
pervers:
car
selon
que
Dieu
se
monstre
liberal
envers
nous,
il
est
certain
qu'il
s'approche
de
nous
et
nous
approche
de
lui:
et
cela
nous
devroit
donner
occasion
de
nous
humilier
tant
plus.
Car
il
n'y
a
rien
qui
nous
doive
si
bien
renger
a
faire
nostre
devoir,
que
quand
Dieu
se
monstre
ainsi,
et
que
nous
cheminons
comme
a
sa
veue.
Or
si
nous
abusons
de
ses
graces,
et
(comme
i'ay
desia
dit)
que
les
richesses
nous
engendrent
et
orgueil
et
presomption,
et
la
dessus
un
mespris
de
ceux
qui
sont
inferieurs
a
nous,
et
puis
la
cruaute,
que
nous
tormentions
l'un,
que
nous
molestions
l'autre,
que
nous
gourmandions
cestui-ci
et
cestui-la:
n'est-ce
pas
convertir
la
clarte
en
tenebres?
Ainsi
donc,
nous
avons
a
cognoistre
la
perversite
qui
est
en
nous,
et
a
laquelle
nous
sommes
non
seulement
enclins
:
mais
aussi
adonnez,
sinon
que
Dieu
nous
en
retire.
Or
quand
Dieu
fait
du
bien
a
ses
enfans,
il
est
certain
qu'il
corrige
ce
vice-la,
qu'ils
ne
sont
point
esmeus
a
s'eslever,
a
dresser
les
cornes,
et
a
faire
leurs
bravades,
et
a
fouler
au
pie
ceux
qui
ne
sont
point
pareils
a
eux:
et
nous
avons
desia
declare
qu'il
y
mesle
tousiours
quelque
retraintif,
afin
qu'ils
ne
s'esgaient
point
en
leur
felicite.
Quoy
qu'il
en
soit,
si
faut-il
qu'il
y
besongne
par
son
sainct
Esprit:
car
ii
n'y
aura
iamais
modestie
en
nous,
quand
nous
aurons
quelque
occasion
de
nous
eslever:
il
ne
faut
qu'une
peleure
d'oignon
(comme
on
dit)
pour
nous
faire
tellement
oublier
qui
nous
sommes,
et
pour
nous
enyvrer
d'outrecuidance,
que
nous
mespriserons
tous
les
autres.
Or
Isaac
n'a
point
este
adonne
a
fierte
ne
presomption:
et
Abimelech
lui
fait
tort.
Mais
(comme
i'ay
dit)
il
le
mesure
a
l'aune
commune,
pource
que
la
facon
des
hommes
est
de
tousiours
opprimer
les
petis,
quand
ils
le
peuvent
faire,
et
de
prendre
licence
selon
leur
faculte
de
nuire.
Voila
pourquoy
Abimelech
dit,
Tu
es
plus
fort
que
nous.
Or
la
dessus
nous
avons
a
noter,
que
Dieu
nous
admonneste
par
l'exemple
commun
de
nous
tenir
paisibles
et
modestes,
quand
il
y
aura
quelque
occasion
de
nous
priser,
que
neantmoins
nous
quittions
cela,
et
que
nous
aions
tant
plus
de
soin
de
nous
tenir
tousiours
en
nostre
degre,
voire
en
petitesse:
et
cependant,
s'il
nous
abaisse,
et
qu'il
nous
tiene
en
condition
basse
et
contemptible,
que
nous
sachions
qu'il
le
fait
pour
nostre
bien,
et
que
c'est
comme
une
medecine
preservative:
et
que
nous
cognoissons
que
si
nous
estions
eslevez
en
quelque
honneur
et
quelque
hautesse,
ce
seroit
pour
nous
aveugler
du
tout.
Voila
donc
ce
que
nous
avons
a
retenir.
Or
il
est
dit
puis
apres,
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