|
27:123
123
SERMON
LXXVIII.
124
Satan
:
mais
aussi
de
tous
ses
supposts.
Car
le
diable
use
de
tous
moyens
qu'il
luy
est
possible,
il
a
tous
les
meschans
en
sa
conduite,
il
les
gouverne,
et
les
pousse
a
tout
mal.
Il
faut
donc
qu'estans
conduits
de
l'esprit
malin,
ils
nous
faschent,
et
nous
tourmentent
tant
qu'ils
pourront:
mais
nous
avons
Dieu
qui
bataille
pour
nous,
et
nous
serons
garnis
de
sa
vertu.
Ne
craignons
point
donc
que
tousiours
il
ne
nous
donne
la
victoire,
combien
qu'il
nous
faille
ahanner,
et
avoir
beaucoup
de
troubles:
car
il
ne
peut
pas
estre
qu'en
tels
assauts
il
n'y
ait
tousiours
quelque
effroy.
Comme
nous
voyons
que
les
meschans
sont
ardens
a
tousiours
nuire
aux
enfans
de
Dieu:
et
que
si
tost
qu'ils
peuvent
remuer
un
doigt,
ils
font
escarmouche
nouvelle.
Il
faut
donc
que
nous
portions
patiemment,
quand
il
plaist
a
Dieu
de
nous
exercer
ainsi.
Mais
attendons
ceste
issue,
de
laquelle
ici
Moyse
a
asseure
les
fideles,
c'est
que
tousiours
ils
auront
la
victoire
contre
leurs
ennemis.
Maintenant
nous
voyons
a
quelle
fin
il
nous
faut
appliquer
ceste
doctrine.
Or
il
reste
de
noter
aussi,
quand
Dieu
promet
une
telle
chose,
qu'il
a
les
coeurs
des
hommes
en
sa
main
:
car
il
adiouste
le
moyen,
c'est
qu'il
mettra
nostre
frayeur,
et
nostre
peur
sur
tous
nos
ennemis.
Comme
s'il
disoit,
qu'il
imprimera
en
nous
sa
marque,
tellement
que
les
meschans,
combien
qu'ils
soyent
envenimez,
qu'ils
soyent
agitez
de
furie,
et
de
rage,
seront
estonnez,
et
abbattus,
et
qu'ils
se
trouveront
esperdus.
Quant
au
monde,
il
semblera
bien
qu'ils
ayent
des
coeurs
de
lion:
mais
Dieu
les
fera
decouler
comme
eau,
et
verraon
a
l'oeil
qu'il
n'y
a
point
une
seule
goutte
de
magnanimite
aux
hommes,
sinon
entant
que
Dieu
leur
en
donne.
Et
de
nostre
coste,
combien
que
nous
soyons
craintifs,
et
que
nous
n'ayons
pas
un
courage
tant
delibere
de
nature,
toutesfois
que
Dieu
nous
changera,
et
qu'il
nous
donnera
une
constance
invincible:
que
si
nous
avions
este
grands
gendarmes,
et
bien
habilles,
il
n'y
auroit
pas
une
telle
vertu
en
nous
comme
il
la
fera
sentir,
moyennant
que
nous
n'y
allions
point
en
presomption:
mais
que
nous
soyons
appuyez
sur
luy,
demandans
d'estre
soustenus
par
sa
main,
et
par
sa
grace.
Voila
donc
ce
que
nous
avons
a.
retenir
de
ce
passage.
C'est
en
premier
lieu,
d'autant
que
nostre
vie
est
une
guerre,
qu'il
ne
faut
point
que
nous
craignions:
pource
que
Dieu
nous
a
promis
de
batailler
pour
nous.
Et
voire,
mais
nous
avons
affaire
a
un
ennemi
trop
puissant:
et
mesmes
il
n'y
a
pas
un
seul
diable
auquel
il
nous
faille
resister,
mais
il
y
a
des
legions
infinies.
Que
pourrons-nous
faire,
veu
que
nous
sommes
tant
fragiles,
veu
que
nous
avons
des
tentations
de
tous
costez,
brief
que
nostre
salut
est
comme
expose
en
proye?
Car
quels
moyens
avons-
|