|
58:119
119
HUITIEME
SERMON
120
que
Dieu
nous
promet,
et
defait,
nous
voudrions
ici
faire
nostre
paradis,
et
ne
penserions
point
plus
outre,
mais
tous
nos
sens
seroient
ici
assouppis,
si
Dieu
nous
donnoit
dequoy
nous
contenter
en
tout
et
par
tout.
Voila
pourquoy
il
nous
donne
seulement
quelque
goust
de
sa
bonte,
pour
nous
attirer
plus
loin.
Mais
quoy
qu'il
en
soit,
si
faut-il
encore
que
nous
cognoissions
en
partie,
que
Dieu
nous
est
Pere,
non
seulement
par
le
tesmoignage
que
nous
en
avons
de
sa
bouche,
mais
par
les
benedictions
qu'il
nous
eslargit.
Et
ici
nous
contemplons
tous
les
deux,
au
recit
qu'en
fait
Moise:
c'est
assavoir,
que
Dieu
benit
les
siens,
en
sorte
qu'ils
ont
occasion
de
se
resiouir
en
lui:
et
cependant
toutefois
qu'il
leur
taille
leurs
morceaux
en
telle
portion,
que
tousiours
il
faut
qu'ils
gemissent,
estans
en
ce
monde,
et
qu'ils
soient
solicitez
d'aspirer
plus
loin.
Voila
Isaac
qui
prospere,
qui
croist
et
s'augmente,
comme
Moise
en
parle:
et
il
ne
dit
pas
seulement,
que
Dieu
l'a
benit
pour
un
coup:
mais
il
est
multiplie
tellement,
qu'il
va
tousiours
en
croissant,
et
est
enrichi
tant
et
plus.
Or
d'autre
coste
il
adiouste,
Que
les
Philisthim
ont
eu
envie
sur
luy.
Nous
voions
comme
Isaac
a
tellement
eu
dequoy
se
resiouyr
en
Dieu,
pour
la
prosperite
qui
lui
estoit
donnee,
que
cependant
il
a
falu
que
Dieu
le
reueillast
et
qu'il
y
eust
de
l'amertume
meslee
parmi
la
douceur.
Ce
lui
estoit
une
grande
resiouissance
quand
Dieu
le
multiplioit
ainsi
a
veue
d'oeil:
c'estoit
comme
un
miroir
pour
declarer
a
tous
les
Philisthins,
que
c'estoit
de
servir
a
Dieu,
et
de
se
fier
en
lui:
mais
cependant
il
faut
que
cela
lui
tourne
en
fascherie,
et
en
pique,
et
qu'il
soit
moleste.
Nous
voions
donc
comme
Dieu
attrempe
tellement
les
benefices
qu'il
eslargist
a
ses
enfans
(ie
di
les
benefices
temporels
qui
concernent
ceste
vie
caduque)
que
iamais
ils
ne
s'y
peuvent
tenir
ne
reposer
du
tout.
Or
cependant
on
pourroit
encores
ici
faire
une
question,
Pourquoy
c'est
que
Dieu
a
fait
tellement
prosperer
Isaac,
que
les
habitans
du
pais
se
soient
eslevez
contre
lui.
Ne
valoit-il
pas
mieux
qu'il
demeurast
en
estat
moien,
et
qu'il
vesquist
paisible
sous
sa
tente,
que
d'estre
tellement
enrichi,
que
chacun
lui
face
la
guerre,
et
qu'on
ne
le
puisse
souffrir,
craignant
qu'il
ne
vueille
dominer,
et
suppediter
les
autres?
Si
Dieu
eust
tenu
un
tel
moien,
il
semble
que
cela
eust
este
plus
profitable
a
Isaac.
Pourquoy
donques
est-ce
qu'il
le
multiplie,
et
que
cela
est
cause
qu'il
soit
dechasse,
et
que
mesme
il
n'ait
point
d'eau
ne
pour
lui
ne
pour
sa
famille,
ne
pour
son
bestail?
Or
Dieu
sait
tellement
disposer
le
tout,
que
s'il
fait
prosperer
ses
serviteurs,
il
leur
monstre
qu'ils
se
doivent
tenir
a
lui,
et
qu'ils
ont
occasion
de
le
benir.
Et
cepen-
|