20:113 113 1563 IUL. I U danger de scandalle. Nul fidele ne pouvoit estre fasche, comme sil*eust expose la vraye religion en opprobre. Il ne pouvoit desbaucher ceulx qui eussent ia estez introduitz au bon chemin, ne degouster les autres pour ne point entrer. Plustost il despitoit toutte sa nation aiant son autel a part pour y adorer le Dieu d'Israel. Le tout est de ne se point attacher au faict precisement, mais suivre ce qui est d'edification. Le reste de voir si pour cela vous debvez plustost quitter lestat, que de ne point complaire a la Royne. En quoy il nous fault tenir la reigle de st. Paul de ne point faire mal afin qu'il en advienne du bien. Je vois bien quel prouffit peut revenir a l'Eglise que vous tenies ce lieu la, et quel dommage il faudroit craindre, si vous en estiez hors. Mais en telles perplexites, si nous fault il faire cest honneur a Dieu de nous reposer sur luy quil scaura bien pourvoir a tout. Cependant il me semble, Monsieur, que vostre excuse sera assez favorable, veu que la Royne nignore pas que selon la religion que vous tenez,3) vous ne pouvez vous mesler parmy leurs ceremonies sans offenser Dieu, pource que vostre conscience y repugne. Qui plus est, i'espere qu'elle trouvera vostre magnanimite meilleure que si vous fleschissiez. Elle vous a bien souffert estre absent long temps, elle vous permettra bien doncques destre malade trois iours lan. Combien que ie ditz cecy par forme de risee,4) car de contrefaire le malade, ce seroit avoir honte de l'Evangile. Quand vous aurez bien poise toutes ces remonstrances, ie ne doubte pas que vous ne conceviez avec st. Paul que nous ne pouvons pas estre participans de la Cene de Iesuschrist, et nous montrer parmy les idolatries, sur tout quand nous donnons mauvais exemple. Mais ie vous prie, Monsieur, de vous y evertuer, et prier Dieu de vous y tenir la main forte, et vous revestir des armes quil vous a donnees pour batailler constamment, assavoir de vous exercer diligemment en sa parole. Monseigneur, apres avoir presente mes humbles recommandations a vostre bonne grace et celle de Madame vostre femme, ie prieray le pere de misericorde vous tenir en sa garde, vous conduire en bonne prosperite et vous donner heureuse arrivee. De Geneve ce dernier iour de Juillet 1563. Vostre humble serviteur lan Calvin. 3) Calvin le croit donc serieusement converti. 4) je ne dits pas cecy par forme de ruse Bt. . Atque hoc quidem per iocum. Calvini opera. Vol. XX.