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comme
nous
sommes
fragiles
et
enclins
a
mal,
sinon
que
nous
soyons
retenus
soigneusement
par
la
crainte
de
Dieu,
et
en
meditant
la
doctrine
par
laquelle
il
nous
conduit
et
gouverne.
C'estoit
bien
assez,
ce
semble,
d'avoir
dit:
Observez
les
commandemens
de
vostre
Dieu.
Vous
voyez
ce
qu'il
demande
de
vous:
puis
que
sa
volonte
vous
est
cogneue,
tenez-vous
a
icelle.
Mais
d'autant
que
ies
hommes
sont
vollages,
et
qu'il
ne
faut
rien
pour
les
esgarer
du
bon
chemin,
il
adiouste
encore
cest
advertissement,
qu'on
se
donne
garde:
comme
s'il
disoit:
Qu'on
face
bon
guet.
Pourquoy?
Car
nous
serons
tantost
surprins,
si
nous
ne
veillons
pour
repousser
les
tentations
de
Satan,
et
ses
ruses:
sur
tout
quand
il
est
question
du
service
de
Dieu,
nous
en
sommes
bien
tost
divertis,
il
ne
faut
point
que
d'ailleurs
on
nous
tente,
chacun
trouvera
tousiours
en
sa
phantasie
quelque
semence
de
superstition:
le
cerveau
de
l'homme
(di-ie)
est
comme
une
boutique
d'idolatrie:
qu'il
n'y
ait
point
de
maistre,
encores
chacun
se
forgera
des
idoles,
chacun
pervertira
le
service
de
Dieu.
Car
Satan
ne
dort
pas,
et
ne
cesse
de
nous
envelopper
en
beaucoup
de
folles
fantasies,
et
mauvaises.
Par
cela
donc
nous
pouvons
iuger
combien
ceste
admonition
nous
est
utile,
quand
il
est
dit
que
nous
soyons
vigilans:
mais
aussi
nous
savons
que
la
fragilite
de
nostre
esprit
est
telle,
que
si
nous
ne
sommes
bien
munis,
pour
resister
constamment
aux
tentations
de
Satan,
il
nous
aura
tantost
destournez
de
la
voye
de
salut,
et
de
la
pure
doctrine
de
Dieu.
Et
ainsi
cognoissons
(en
somme)
qu'estans
en
ceste
vie
mortelle,
nous
avons
besoin
d'estre
tousiours
sur
nos
gardes.
Et
pourquoy?
Car
d'un
coste
le
diable
nous
solicite,
et
a
des
ruses
qui
seroyent
pour
nous
circonvenir
a
chacune
minute
de
temps:
et
encores
que
les
tentations
ne
fussent
point
si
grandes,
nous
sommes
tant
infirmes,
qu'il
ne
faut
rien
pour
nous
abbatre.
Puis
qu'ainsi
est,
veillons:
et
sur
tout
quand
l'Esprit
de
Dieu
nous
admonneste
de
ce
faire.
Mais
quoy?
On
voit
comme
nous
sommes
surprins
au
desprouveu:
et
Dieu
punit
nostre
nonchalance,
quand
chacun
s'endort,
comme
si
nous
estions
ici
en
paix
et
en
repos.
Or
il
faut
que
nostre
vie
soit
exercee,
comme
s'il
y
avoit
une
guerre
continuelle:
et
le
diable
n'a
garde
faillir
qu'il
ne
nous
dresse
des
assauts,
et
des
escarmouches
de
tous
costez.
Et
ainsi,
d'autant
que
nous
dormons,
et
que
nostre
ennemi
cependant
fait
le
guet
pour
nous
couper
la
gorge:
c'est
bien
raison
que
nous
soyons
ainsi
veincus.
Car
quand
Dieu
nous
solicite
a
estre
sur
nos
gardes,
et
que
nous
ne
daignons
point
y
penser,
ne
l'invoquer,
ne
nous
remettre
a
luy:
ne
fautil
point
qu'il
nous
monstre
que
ce
n'a
point
este
sans
cause
qu'il
nous
advertissoit?
Et
ainsi
rete-
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