27:109 109 SUR LE DEUTER. CHAP. XI. no Quand donc nous voyons cela, que nous apprenions d'en faire nostre profit. Voila quant a ce mot de Rassasier. Mais notons que si Dieu ne nous rassasie point, qu'encores ne laisse-il pas de monstrer sa liberalite parmi: que iamais il n'y a eu une telle famine, que nostre Seigneur n'ait declaire qu'il est tousiours pere, et plus que pere envers les hommes. Mais cela est mal cogneu de nous. Et voila qui est cause aussi qu'il ne s'eslargit point comme il seroit requis: d'autant que nous avons une meschante entree en nous, il faut aussi que Dieu ferme la porte a sa benediction, et qu'il nous laisse la vuides et affamez. Voila pour le premier poinct. Quand au second, notons que si Dieu nous nourrit, et substante en ce monde, voire iusques a nous rassasier: qu'il nous faut estre incitez de cognoistre cependant par foy les richesses infinies qui nous sont reservees la haut au ciel. Il est dit au Pseaume: Ie seray rassasie de la multitude de ta bonte. Et en l'autre passage, Seigneur, quelle est la grande multitude de ta bonte, laquelle tu as cachee a ceux qui t'aiment! Ii est vray qu'en ce monde Dieu en partie nous fera sentir la multitude de sa bonte: mais si est-ce que iamais nous n'en serons saoulez (comme il en est parle en ce Pseaume 16) iusques a ce que nostre Seigneur nous ait recueillis a soy, et que nous soyons retirez de ce monde. Et ainsi notons que la perfection des biens qui nous sont promis, desquels nous devons iouyr, ne se trouve point ici bas, c'est assez que nous en voyons quelque partie. Et mesmes encores que nostre Seigneur s'eslargisse selon qu'il voit que nostre infirmite en a besoin, que tousiours nous soyons menez plus haut: c'est pour cognoistre que quand Dieu se sera revele a nous face a face, que nous serons conioints a luy de plus pres que nous ne sommes pas: brief, que nous serons recueillis en son royaume des cieux, qu'alors nous aurons de quoy estre rassasiez. Voila donc comme il nous faut passer tellement par ce monde, que nous n'y soyons point saoulez pour y prendre nostre contentement, et repos: mais que nous soyons tousiours attirez a ces biens spirituels: et que si nous languissons ici bas, que nous cognoissions que par ce moyen Dieu nous incite de venir a luy, iusques a tant que nous y soyons unis parfaictement, comme l'union sera au dernier iour. LE QUATRIESME SERMON SUR LE CHAP. xi. V. 16.21. DU MERCREDI 25^ DE SEPTEMBRE 1555o Quand Moyse dit ici qu'il se faut donner garde de riestre point desbauches: par cela il monstre