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reiette
aussi,
et
le
Pere
qui
m'a
envoye.
Voila
donc
une
rebellion
toute
manifeste
contre
Dieu,
si
nous
desdaignons
d'ouyr
sa
parolle,
quand
elle
nous
est
preschee
par
les
hommes,
et
de
l'ouyr
en
telle
humilite
comme
s'il
descendoit
a
nous,
et
plus
que
s'il
nous
envoyoit
des
Anges
du
ciel.
C'est
ce
que
Moyse
a
ici
voulu
monstrer.
Or
en
la
fin
il
dit
qu'ils
seront
rassasier,
et
qu'ils
seront
nourris,
quand
ils
auront
ainsi
observe
les
commandemens
de
Dieu.
Nous
avons
deux
poincts
a
noter
en
ce
passage
pour
conclusion.
Le
premier
c'est,
que
nostre
Seigneur
monstre
qu'il
ne
se
contentera
point
d'avoir
donne
maigrement
a
son
peuple
ce
qui
luy
est
necessaire:
mais
qu'il
le
remplira
de
biens,
et
qu'il
en
sera
rassasie.
Voila
pour
un.
Le
second
est,
de
revenir
a
ce
que
nous
avons
desia
touche
par
ci
devant:
que
Dieu
n'a
pas
laisse
de
conduire
son
peuple
plus
loin,
combien
qu'il
ne
luy
parlast
que
des
biens
temporels,
et
qui
concernent
ceste
vie
caduque.
En
premier
lieu
donc
cognoissons,
que
Dieu
non
seulement
nous
donne
et
distribue
ce
qu'il
cognoist
nous
estre
necessaire,
mais
il
s'eslargist
et
estend
ses
richesses
plus
loin,
quand
il
use
de
superabondant.
Et
de
faict,
nous
le
voyons.
Car
quant
est
de
la
necessite
de
nature,
que
nous
faudroit-il
sinon
du
pain
et
de
l'eau?
Or
Dieu
adiouste
le
vin
pour
conforter,
et
resiouyr
le
coeur
de
l'homme,
comme
il
est
dit
au
Pseaume.
Et
puis
on
voit
qu'il
nous
veut
resiouyr
en
toutes
sortes,
quand
il
envoyera
tant
de
choses
en
ce
monde,
qui
sont
pour
delecter
les
hommes:
ce
sont
autant
de
tesmoignages
de
la
liberalite
de
Dieu,
quand
non
seulement
il
provoit
a
ce
dont
nous
ne
pouvons
nous
passer,
mais
qu'il
y
adiouste
de
superabondant
beaucoup
de
biens
qui
nous
servent
de
plaisir.
Or
par
cela
nous
denons
estre
tant
plus
incitez
a
son
amour.
Et
cela
nous
doit
servir
comme
d'ailes
pour
voler
a
luy.
Mais
au
contraire
si
Dieu
nous
rassasie,
nous
ne
pouvons
nous
tenir
de
nous
saouler
ainsi
que
des
bestes,
tellement
que
nous
sommes
appesantis
en
ce
monde.
Ie
ne
parle
point
seulement
des
yvrognes
qui
gourmandent
tant
qu'il
n'y
a
plus
ne
sens
ni
raison
en
eux:
mais
ie
parle
de
ceux
qui
aiment
leurs
delices:
que
s'ils
ont
du
superabondant,
ils
ne
se
peuvent
tenir
d'exceder
mesure:
et
la
dessus
ils
s'endorment:
qu'au
lieu
d'estre
incitez
de
venir
a
Dieu,
ils
en
recullent,
ou
bien
ils
se
plaisent
en
leurs
delices,
et
s'y
baignent,
et
s'oublient
ie
ne
say
comment.
Ainsi
notons
bien,
que
si
nostre
Seigneur
nons
rassasie,
ce
n'est
pas
pour
nous
donner
occasion
d'intemperance
:
mais
c'est
afin
que
nous
soyons
plus
enflammez
en
son
amour,
veu
qu'il
ne
nous
traitte
point
comme
un
homme
feroit
un
serviteur
ou
quelques
uns
qu'il
auroit
a
loage:
mais
comme
ses
propres
enfans,
et
qu'il
ne
nous
espargne
rien.
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