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qu'il
n'y
avoit
pas
de
crainte
de
Dieu
au
pais:
non
pas
qu'il
y
eust
une
impiete
si
enorme,
qu'on
ne
seust
que
c'estoit
de
bien
et
de
mal:
car
nous
voions
comme
parle
le
Roy
du
pais:
mais
d'autant
que
la
vraye
religion
ne
dominoit
point
la,
et
qu'il
n'y
avoit
qu'idolatrie,
il
sembloit
bien
a
Isaac
que
tout
y
estoit
confus.
Car
de
fait
iamais
nous
n'aurons
une
regle
certaine,
pour
cheminer
en
equite
et
droiture,
que
nous
n'aions
la
Maieste
de
Dieu
presente,
et
que
nous
ne
soions
retenus
par
icelle,
comme
d'une
bride.
Or
quand
nous
ne
savons
que
c'est
de
Dieu,
que
nous
n'avons
que
des
speculations
confuses,
encores
que
nous
aions
quelque
honnestete,
combien
que
nous
aions
discretion
de
bien
et
de
mal,
et
que
nous
ne
soions
point
adonnez
a
nuire,
a
faire
tort
et
violence:
si
est-ce
qu'il
n'y
a
point
de
fermete
en
nous.
Car
(comme
i'ay
dit)
on
ne
peut
bastir
sur
autre
fondement,
pour
avoir
un
edifice
ferme
et
stable,
sinon
que
la
crainte
de
Dieu
aille
devant.
Isaac
donc
pouvoit
avoir
quelque
occasion
de
crainte,
et
de
prevenir
le
danger:
mais
cependant
il
devoit
cognoistre
que
vaut
la
sauvegarde
de
Dieu,
telle
qu'elle
lui
avoit
desia
este
monstree
par
experience.
Car
s'il
eust
este
bien
avise,
il
ne
falloit
pas
qu'il
attendist
que
Dieu
eust
son
bras
estendu,
pour
le
secourir
d'une
facon
visible
:
car
il
lui
avoit
este
dit,
Ne
crain
point
:
car
ie
suis
avec
toy:
ie
suis
ton
loier
tresample.
Il
est
vray
que
cela
ne
lui
avoit
pas
este
dit
expressement:
mais
ce
qui
a
este
dit
a
son
pere,
estoit
aussi
bien
pour
lui:
car
il
estoit
heritier
de
ceste
promesse-la.
Quand
donc
il
ne
s'attend
pas
a
Dieu,
en
cela
il
est
redargue
d'infidelite.
Il
est
vray
que
la
Foy
n'empesche
pas
que
nous
n'apprehendions
les
dangers
dont
nous
sommes
environnez:
car
la
foy
n'est
point
pour
nous
rendre
insensibles.
Et
ce
ne
seroit
nulle
vertu
a
nous
d'invoquer
Dieu,
sinon
que
nous
fussions
incitez,
voiant
que
nous
ne
pouvons
pas
nous
passer
de
son
aide:
mais
il
y
a
grande
difference,
si
la
crainte
est
telle,
qu'elle
nous
face
destourner
du
droit
ehemin:
ou
bien
que
ce
nous
soit
comme
un
aiguillon
pour
nous
inciter
d'aller
a
Dieu.
Si
Isaac
eust
pense
en
soy,
II
faut
que
ie
me
retire
vers
mon
Dieu:
car
ie
n'ay
autre
refuge
que
de
recourir
a
son
aide:
il
me
l'a
promise,
et
ie
l'ay
mesme
desia
experimentee
au
besoin.
Il
faut
donc
que
maintenant
sa
verite
se
declare
encore,
et
se
monstre
envers
moy.
Si
Isaac
en
fust
la
venu,
il
est
certain
que
sa
foy
eust
este
tant
mieux
examinee:
et
sa
crainte
eust
monstre
comme
il
s'estoit
fortifie
en
Dieu,
estant
debile
en
soy:
mais
quand
il
est
saisi
de
peur,
et
que
la
dessus
il
prene
son
conseil,
lequel
Dieu
condamne:
la
il
ne
se
conforme
pas
au
devoir
d'homme
fidele.
Quand
donc
Isaac
y
va
ainsi,
il
monstre
qu'il
craint,
d'autant
qu'il
n'est
point
assez
addonne
a
la
Parole
de
Dieu,
et
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