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DE
IACOB
ET
ESAU.
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est
vray
que
nous
confesserons
qu'il
lui
appartient
de
s'enquerir
des
pensees
ksecrettes
et
que
rien
ne
lui
est
cache:
mais
si
est
ce
que
nous
le
traitons
a
la
facon
des
hommes:
et
qui
pis
est,
nous
le
voulons
faire
passer
par
tout,
et
lui
voulons
bander
les
yeux:
et
nous
iouerons
plus
hardiment
avec
lui,
qu'avec
les
hommes.
Car
encores
que
nous
aions
des
subterfuges,
qui
nous
pourroient
retirer
de
blasme,
tant
y
a
qu'encore
avons
nous
quelques
remords,
cognoissans,
Les
autres
n'en
iugeront
pas
ainsi:
cestui-ci
n'est
pas
beste,
il
pourra
cognoistre
mon
astuce.
Quand
donc
nous
avons
deguise
nos
propos,
tousiours
nous
serons
en
doute
si
les
hommes
sont
satisfaits
ou
non.
Quand
il
est
question
de
Dieu,
nous
ne
faisons
que
torcher
nostre
bouche,
ou
plustost
nostre
museau:
car
nous
sommes
comme
bestes,
et
pires
encores
en
cest
endroit
la.
Or
d'autant
plus
nous
faut-il
retenir
ceste
doctrine:
c'est
assavoir,
que
Dieu
ne
s'arreste
pas
a
toutes
nos
belles
couleurs:
car
ce
ne
sont
que
couvertures
de
fueilles:
et
cela
n'a
pas
excuse
nostre
pere
Adam,
qu'il
ne
soit
venu
a
conte.
Que
faut-il
donc?
Qu'en
simplicite
nous
recognissions
tellement
nos
fautes,
que
nous
soions
les
premiers
nos
iuges:
et
quand
nous
trouverons
qu'il
y
a
eu
quelque
facon
oblique
et
tortue,
que
nous
sachions
que
cela
desplaist
a
Dieu.
Car
voila
l'intention
d'Isaac,
c'est
de
cacher
son
mariage.
Il
est
vray
que
les
mots
dont
il
use,
ne
sont
pas
pour
le
faire
appeler
menteur:
mais
tant
y
a
qu'il
y
a
mensonge
en
luy.
Et
pourquoy?
Car
il
ne
veut
point
confesser
son
mariage:
mais
veut
qu'il
soit
incognu,
et
qu'on
ne
pense
pas
que
Eebecca
soit
sa
femme.
Voila
donc
en
somme
ce
que
nous
avons
a
retenir:
C'est
que
quelques
paroles
que
nous
aions
en
la
bouche,
que
rien
ne
nous
peut
iustifier,
sinon
que
nostre
affection
soit
pure
et
droite,
et
que
nous
n'allions
point
par
des
chemins
obliques,
pour
nous
esgarer
ca
et
la.
Et
quand
S.
Paul
aussi
condamne
le
mensonge,
il
aiouste,
Que
chacun
parle
en
verite
avec
ses
prochains.
Quand
donc
nous
y
procederons
ainsi,
voila
comme
nous
serons
reputez
et
tenus
veritables
devant
Dieu.
Mais
s'il
y
a
des
finesses
et
astuces,
et
que
nous
taschions
de
faire
qu'on
ne
cognoisse
pas
ce
que
nous
disons,
et
qu'on
y
soit
embrouille
et
entortille,
comme
si
nostre
langue
estoit
double:
en
cela
nous
sommes
condamnez
desia
pour
menteurs.
C'est
donc
en
somme
ce
que
nous
avons
a
retenir
sur
ce
poinct.
Or
quand
il
est
dit,
Qu1
Isaac
a
craint
qu'il
ne
fut
tue
a
cause
de
sa
femme,
II
n'y
a
nulle
doute
qu'il
en
pouvoit
prendre
occasion,
voiant
(comme
Abraham
son
pere
allegoit)
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